Lyon : La ville plante ses premiers vergers urbains pour développer les cueillettes pour tous

EXPERIMENTATION La ville de Lyon, dirigée par les écologistes, lance une expérimentation : créer des vergers urbains pour développer des cueillettes alimentaires à la portée de tous

Caroline Girardon

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La ville de Lyon a planté ses premiers vergers urbains.
La ville de Lyon a planté ses premiers vergers urbains. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • La ville de Lyon a planté cette semaine son premier verger urbain.
  • Huit autres suivront d’ici à la fin de l’année.
  • Il s’agit de ramener de l’agriculture en ville, d’impliquer les habitants et d’inciter à consommer plus localement.

Cueillir des framboises ou des pommes en plein centre de Lyon : l’idée paraissait utopique il y en a encore quelques années. Aujourd’hui, elle est en passe de devenir réalité. Le premier verger urbain de la ville de Lyon a été planté le 23 novembre dans le 8e arrondissement, au square du 14e régiment de Zouaves. Huit autres, répartis dans chaque arrondissement, vont suivre d’ici à la fin de l’année. Une première étape.

« La création de ces vergers permettra de transformer 5.000 m² d’espaces de gazon en autant d’espaces nourriciers et porteurs de biodiversité », se félicite Grégory Doucet, le maire EELV de la ville. Ils accueilleront 10 variétés fruitières de la région, parmi lesquelles des cerises Burlat, des poires Williams, des pommes, des pêches de vigne, des abricots et des framboises.

Démonstrateur

« Cette action est bien plus que symbolique. Elle doit servir de démonstrateur. On veut expliquer aux habitants que l’agriculture est à la portée de tous et qu’elle est possible en ville », expose Nicolas Husson, adjoint en charge de la biodiversité et de la nature en ville. Et faire ainsi de la Capitale des Gaules, une « ville nourricière ».

Mais avant, il faudra œuvrer de pédagogie pour arriver aux premières récoltes. La municipalité s’appuiera pour cela sur plusieurs partenaires comme le Centre de Ressources de Botaniques Appliquée ou l’association naturaliste Anthropologia. « Les habitants, qui bénéficieront de ces vergers, seront conseillés, formés dans un premier temps. Ensuite, ce sera à leur tour de se prendre en main, d’arroser les plants, de les couper, de les entretenir. On souhaite qu’ils soient impliqués », poursuit Nicolas Husson.

Inciter à consommer local

La gestion et le développement des vergers seront confiés aux MJC, groupes scolaires, centres sociaux ou associations de quartiers. Des panneaux pédagogiques seront installés pour expliquer aux riverains l’utilité générale du projet.

« Au-delà des vertus éducatives, il vise à convaincre les gens du bien-fondé de bénéficier des fruits de la terre. Cela les incitera peut-être à améliorer la qualité gustative de leurs aliments, à se tourner vers une alimentation locale et saine ou vers les commerces de proximité voire les marchés », poursuit l’élu, désireux de « ramener un peu de campagne à la ville ». En cas de succès, les vergers urbains seront démultipliés « durant tout le mandat », promet-il.