Haute-Garonne : La nappe phréatique polluée après un important incendie dans un entrepôt

POLLUTION Les eaux d’extinction se sont écoulées dans la Saudrune et la nappe phréatique, a reconnu vendredi la préfecture

B.C.

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Lors de l'incendie de l'entreprise Envie 2E, maîtrisé par les sapeurs pompiers du SDIS 31.
Lors de l'incendie de l'entreprise Envie 2E, maîtrisé par les sapeurs pompiers du SDIS 31. — SDIS 31

Le week-end dernier, un gigantesque incendie ravageait un entrepôt d’équipements électroménagers en attente de recyclage à Portet-sur-Garonne, au sud de  Toulouse. Déclaré samedi, il avait pu être éteint après plusieurs heures d’efforts et la mobilisation d’une centaine d’hommes du Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Garonne.

Les fumées noires qui ont émané de l’entreprise classée pour la protection de l’environnement, Envie 2E, installée dans la zone d’activité du Bois-Vert, ont fait penser à une pollution atmosphérique. Dans un premier temps, la préfecture avait indiqué qu’une « analyse de la composition des fumées qui n’a révélé aucune composition chimique dangereuse, (…) que les eaux d’extinction de l’incendie ont été confinées sur le site ».

Une semaine plus tard, les services de l’Etat ont reconnu qu’une nouvelle inspection du site réalisé par la DREAL avait mis en évidence « que des eaux d’extinction de l’incendie se sont déversées jusqu’à dimanche dans le cours d’eau de la Saudrune et se sont infiltrées dans la nappe phréatique ».

Suspension de certaines activités

Pour arrêter cette pollution, des mesures d’urgence ont été prises afin de vérifier qu’aucun captage d’eau potable ne se trouvait sur le cours d’eau. Son utilisation pour l’irrigation a été stoppée et les pompiers « ont réalisé l’aspiration d’une cuve de rétention des eaux d’extinction et ont réalisé des prélèvements », explique la préfecture qui indique que les résultats des dernières analysés n’inspirent aucune inquiétude, les taux étant « en grande majorité inférieurs aux valeurs limites de rejet dans le milieu naturel ».

Un arrêté préfectoral a été pris le 18 novembre pour suspendre certaines activités du site de la société d’insertion, « dans l’attente de mesures de sécurisation du site et pour obtenir une étude sur les retombées de l’incendie concernant les fumées et les eaux d’extinction ».

Cette pollution interroge la Fédération régionale des associations de protection de la nature et de l’environnement en Midi-Pyrénées (FNE) sur la quantité de litres déversés ainsi que le type de polluants qui se sont retrouvés dans la Saudrune et la nappe phréatique.