Un satellite d’observation du niveau des océans lancé ce vendredi

ESPACE Sentinel-6a doit être lancé ce vendredi depuis la Californie si la météo le permet

20 Minutes avec AFP
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Les dernières retouches sur Sentinel-6a en juillet en Allemagne.
Les dernières retouches sur Sentinel-6a en juillet en Allemagne. — STEPHANE CORVAJA / EUROPEAN SPACE AGENCY / AFP

Le satellite de mesure de la hauteur des océans Sentinel-6a, dont le lancement est samedi, va poursuivre avec une précision inégalée une mission de presque trente ans dont les données sont capitales pour observer le changement climatique à l’œuvre sur les mers du globe. De la taille d’une grosse camionnette, l’engin pesant 1,2 tonne doit s’élancer dans l’espace à l’aide du lanceur américain Falcon-9, depuis la base californienne de Vandenberg à exactement 17h17 GMT. « Pour le moment tous les voyants sont au vert » pour la fenêtre météo, a indiqué dans un point de presse jeudi Pierrick Vuilleumier, le chef du projet, fruit d’une coopération entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Nasa.

Sentinel-6a est le cinquième et dernier-né d’une lignée de veilleurs du niveau de la mer, depuis 1992 et la mission franco-américaine Topex/Poseidon, une machine développée par le Centre national d’études spatiales (Cnes) et la Nasa. Leurs altimètres ont établi que sur presque trente ans, le niveau moyen de la mer a augmenté d’environ 8 cm. Un chiffre en apparence minime mais traduisant des effets environnementaux et climatiques d’ampleur, comme la fonte des glaciers et banquises et le réchauffement climatique. Une hausse en accélération, inquiétante pour les quelques 770 millions d’humains vivant à moins de cinq mètres au dessus du niveau des mers.

Une durée de vie de cinq ans

Pour la surveiller, Sentinel-6a va être placé à 1.336 km d’altitude, sur une orbite polaire lui permettant de couvrir 95 % des océans de la planète en dix jours. Sa durée de vie théorique est de cinq ans et demi. Il sera relevé par son clone, Sentinel-6b, en 2025. « Ce qui est très important est d’être capable de regarder les accélérations, les évolutions [du niveau des océans], pour voir si certains scénarios de rupture du changement climatique, qui sont en cours dans l’Arctique en particulier, vont se réaliser », a dit Alain Ratier, directeur d’Eumetsat, l’agence européenne d’exploitation des satellites météorologiques. Elle est avec son équivalent américain, la NOAA, un des partenaires de la mission.

Le satellite, dont Airbus Defense and Space a assuré le développement, intègre un altimètre radar, Poséidon-4, fabriqué par Thales Alenia Space France. Il émet une onde vers la surface de la mer, et calcule le temps, et donc la distance, qu’elle met pour lui revenir. Reste à calculer précisément la position du satellite. Sentinel-6a est une des composantes du programme européen d’observation de la terre Copernicus. Il vient compléter, pour les océans, la gamme d’observations déjà fournies par les deux satellites Sentinel-3. Leurs données sont d’accès libre et présentées à l’utilisateur final par le délégataire de la commission, européenne, Mercator Ocean, a expliqué son directeur Pierre Bahurel, lors du point de presse.