En Loire-Atlantique et dans l'Oise, la gendarmerie teste des véhicules roulant au gaz naturel comprimé

ENERGIE Les gendarmes veulent réduire leur empreinte carbone et dépenser moins à la pompe. Le test va durer quatre mois

Frédéric Brenon

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Philippe Mannoni de GRT Gaz (à droite) remet les clés des véhicules au général Roland Zamora (à gauche), le 19 novembre 2020 à Nantes.
Philippe Mannoni de GRT Gaz (à droite) remet les clés des véhicules au général Roland Zamora (à gauche), le 19 novembre 2020 à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

C’est une première à l’échelle nationale. Les gendarmeries de Loire-Atlantique et de l’Oise expérimentent à partir de cette semaine des véhicules roulant au gaz naturel comprimé (GNC). Ce carburant, principalement issu de la méthanisation agricole​, est nettement moins polluant que l’essence ou le diesel alimentant la flotte de la gendarmerie. « Les véhicules équipés n’émettent quasiment aucune particule fine. Vous pouvez mettre un mouchoir à la sortie du pot, il restera blanc », sourit Philippe Mannoni, directeur de l’innovation chez GRT-Gaz, leader européen du transport de gaz naturel.

Pendant quatre mois, les gendarmeries des deux départements vont tester chacune deux Seat Leon et une fourgonnette Fiat hybrides, mises à disposition par GRT-Gaz. « L’objectif est d’évaluer les performances des véhicules en fonction de nos usages. Avec cette ambition de réduire au maximum notre empreinte carbone », justifie le général Olivier Detcheberry, chef de l’appui opérationnel en Pays-de-la-Loire.

Le manque de stations, un frein potentiel

Le gaz naturel comprimé, qui offre une autonomie d’environ 400 km (auxquels il faut ajouter 100 km de secours en carburation essence), a l’avantage d’être moins bruyant et, surtout, moins coûteux à la pompe que le diesel. Encore faut-il trouver une station-service équipée. Dans l’agglomération nantaise, il n’y en a par exemple que trois. « Nous avons des besoins de déplacements en zone rurale. Si le réseau de stations ne suit pas, ça peut être un frein pour nous », admet le général Detcheberry. « On en est encore qu’au début. Le nombre de stations va augmenter avec l’usage », parie Philippe Mannoni.

Dans un premier temps, les six véhicules roulant au GNC ne seront utilisés que pour des trajets de liaison, pas en intervention. Quant à ceux qui s’inquiéteraient du risque d’explosion, notamment en cas d’attaque visant les véhicules : « le procédé est extrêmement sécurisé, le réservoir a même été testé pour résister aux balles », assure GRT-Gaz.