Le requin pèlerin est le second plus grand poisson du monde après le requin baleine.
Le requin pèlerin est le second plus grand poisson du monde après le requin baleine. — G. Skomal (License CCO Public Domain)

VIE SAUVAGE

Bretagne : Pourquoi le requin-pèlerin se plaît tant dans les eaux du Finistère

Jérôme Gicquel

Le second plus grand poisson du monde a été observé plus de 1.300 fois entre 1998 et 2017 autour des côtes bretonnes

  • L’association Apecs recense depuis 1998 toutes les observations de requins pèlerins dans les eux françaises.
  • Les trois-quarts de ces observations ont été recensées dans les eaux bretonnes.
  • Le deuxième plus grand poisson après le requin baleine apprécie notamment la mer d’Iroise et l’archipel des Glénan.

La dernière observation remonte au 21 septembre au large de l’île de Ré. Mais bien qu’il soit de nature plutôt calme et discrète, le requin-pèlerin ne se cache pas pour autant. Selon les données recueillies par l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens ( Apecs), près de 2.000 signalements du deuxième plus grand poisson du monde ont ainsi été recensés entre 1998 et 2017 le long des côtes françaises. Et c’est en Bretagne que le requin-pèlerin a été le plus visible avec 1.344 observations du requin par des usagers de la mer sur la période.

« C’est pourtant une espèce qui n’est pas facile à observer car les requins-pèlerins viennent très peu à la surface et préfèrent rester en profondeur », souligne Alexandra Rohr, chargée de mission à l’Apecs. Quand c’est le cas, les plaisanciers s’en souviennent en tout cas vu les dimensions du colosse, qui est inoffensif pour l’homme mais qui peut atteindre 12 mètres de long et peser plus de 5 tonnes.

Très présent en mer d’Iroise et aux Glénan

Présent dans presque toutes les eaux du globe, à l’exception des zones polaires, le requin-pèlerin apprécie particulièrement les eaux tempérées du Finistère, notamment la mer d’Iroise et l’archipel des Glénan. « Le requin-pèlerin a été signalé ailleurs dans les eaux bretonnes mais ces deux endroits concentrent la grande majorité des observations », assure Alexandra Rohr. Un choix guidé par l’appétit de l’animal puisque ces deux zones sont particulièrement riches en planctons, son unique nourriture.

Illustration d'un aileron de requin pèlerin observé au large du Finistère.
Illustration d'un aileron de requin pèlerin observé au large du Finistère. - E. Stephan / APECS

Bien que son parcours migratoire reste encore assez flou, on sait aussi que le requin-pèlerin est surtout présent au printemps le long des côtes bretonnes avec les trois-quarts des signalements qui sont recensés entre avril et juin.

Une espèce chassée dans le passé pour l’huile de son foie

Si son observation n’est donc pas si exceptionnelle que ça en Bretagne, le requin présent est toutefois bien moins présent que par le passé. La faute à une pêche semi-industrielle qui a décimé sa population à partir de la Seconde Guerre mondiale. « Pendant longtemps, deux bateaux de Concarneau ont chassé le requin-pèlerin au harpon avec des centaines de requins qui étaient tués par saison, précise Alexandre Rohr. On le chassait principalement pour son foie qui était riche en huile ».

Bien que la pratique a cessé depuis les années 1990 et que sa pêche est désormais interdite, le requin-pèlerin est aujourd’hui classé parmi les espèces en danger d’extinction. D’où la nécessité pour les membres de l’Apecs de suivre l’espèce sur le long terme. En plus du programme d’observation lancé en 1998, l’association participe ainsi depuis 2015 au programme Pelargos avec la pose de balises de suivi sur les requins. « On a par exemple pu suivre le parcours de Mari B pendant deux ans », raconte Alexandra Rohr, qui espère baliser un nouveau requin au plus vite. « La dernière que l’on a posée s’est décrochée en septembre, il va maintenant falloir qu’une nouvelle occasion se présente ».