Comment l’ancien rugbyman international Julien Pierre veut rendre le sport plus écolo

LABEL VERT L’ancien international de rugby Julien Pierre lance Fair Play for Planet, « premier label vert pour les clubs et les événements sportifs »

Nicolas Stival
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Julien Pierre lors de la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande.
Julien Pierre lors de la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande. — Gabriel Bouys / AFP
  • Sensible à la cause écologique depuis son enfance, Julien Pierre a créé Fair Play for Planet, destiné aux clubs et aux événements sportifs.
  • L’ancien deuxième ligne du XV de France propose ce « premier label vert » aux organismes engagés dans la préservation de l’environnement.

Chez l’ancien rugbyman international Julien Pierre, la prise de conscience écologiste ne date pas du dernier documentaire de Yann Arthus-Bertrand. « Mes convictions environnementales sont présentes depuis l’enfance, passée dans un parc animalier créé par mon grand-père [propriétaire du Zoo des Sables  en Vendée et créateur du Bioparc de Doué-la-Fontaine dans le Maine-et-Loire] et géré par mes parents, explique l’ancien deuxième ligne aux 27 sélections. J’ai créé la fondation La Passerelle Conservation afin de protéger les espèces menacées. Durant ma carrière, j’ai pu observer la capacité du sport à fédérer, mais aussi l’impact des grands événements. »

D’où l’idée de lancer Fair Play for Planet, qui se veut « le premier label vert pour les clubs et les événements sportifs », présenté ce jeudi matin en visioconférence. « Les organisateurs sont mobilisés mais ils manquent de structuration et de temps pour planifier cet engagement, détaille Julien Pierre (39 ans), champion de France 2010 avec Clermont, puis finaliste de la Coupe du monde 2011 au sein des Bleus. C’est pour ça qu’on propose un suivi avec des points d’étape tous les six mois. »

S’il répond à l’initiative, le club, la fédération ou autre, pro ou amateur, est passé au crible, avec un audit en 18 thèmes et plus de 200 questions. « Le label est valable deux ans, et peut déboucher sur une labellisation supérieure. On regarde par exemple le transport des supporteurs, avec la mise en place de formules favorisant les transports en commun, le vélo ou le covoiturage. Mais aussi la fourniture d’énergie verte, la récupération des eaux de pluie, l’usage de produits locaux par les prestataires de la restauration ou l’interdiction du plastique à usage unique. »

Pau, club pionnier

La Section paloise, dernier club de Pierre, retraité depuis 2018, est aussi le premier à avoir adhéré à Fair Play for Planet, dont le comité d’éthique compte notamment dans ses rangs Luc Jacquet, réalisateur du documentaire oscarisé La Marche de l’Empereur. Entre autres initiatives, son directeur général Pierre Lahore évoque notamment « le maillot replica destiné aux supporteurs et entièrement réalisé en plastique 100 % recyclé ».

Pour obtenir le label, le prix de base est de 6.500 euros, modulable selon la taille de l’organisme à auditer et le choix, ou pas, de se faire accompagner de manière régulière.

L’avion, un gros point noir

Le sport n’est certes pas une discipline vitale, mais il constitue une hygiène physique et mentale essentielle pour la plupart des gens. Reste le gros souci : le transport en avion, indissociable du haut niveau. « Le transport est ce qu’il y a de plus impactant sur l’environnement, convient Julien Pierre. On ne peut pas supprimer l’avion, mais on utilise trop peu le train par exemple. »

Selon Fair Play for Planet, deux millions de tonnes de gaz à effet de serre sont produites lors d’une Coupe du monde de football. A une échelle plus modeste, une manifestation sportive de 5.000 personnes génère 2,5 tonnes de déchets, consomme 500 kg de papier et 1.000 kWh d’électricité.