Réchauffement climatique : La fonte du permafrost est déjà bien entamée, un constat très inquiétant

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Ces découvertes inquiètent et montrent que la structure de la côte de la mer de Beaufort est « bien plus complexe » que les experts ne le pensaient

20 Minutes avec agence

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La fonte du permafrost en Arctique libère du CO2, du méthane et de nombreux virus (illustration).
La fonte du permafrost en Arctique libère du CO2, du méthane et de nombreux virus (illustration). — SOLENT NEWS/SIPA

Le permafrost du nord-est de l’Alaska fond plus vite que les chercheurs ne pensaient. Selon ces derniers, cette couche de glace était présente sous la toundra mais aussi au-delà des côtes, sous les fonds marins. Une étude, publiée ce vendredi dans Science Advances, montre qu’il n’en est rien. Le constat inquiète.

Le permafrost, qui reste gelé pendant de longues périodes, recèle entre autres du CO2, du méthane et du mercure. Il contient par ailleurs des virus et des bactéries parfois inconnus. La fonte de cette partie du sous-sol, aussi appelée pergélisol, peut donc libérer dans l’air et dans l’eau des substances nocives pour la faune et la flore et qui aggravent le réchauffement climatique.

Le permafrost introuvable près des côtes et sous la toundra

Pour mettre au jour l’absence de permafrost là où ils s’attendaient pourtant à en trouver, les auteurs de l’étude ont utilisé des techniques de géophysique électrique. Ils ont fait passer du courant dans le sol et ont étudié le résultat. Après trois ans de travail, les spécialistes ont ainsi pu cartographier le sous-sol du lagon de Katkovic, en Alaska.

Ils ont constaté l’absence de glace sur les 20 premiers mètres de profondeur au niveau de la côte et des eaux de la mer de Beaufort. Sous la terre ferme recouverte de toundra, les quelque cinq premiers mètres étaient eux aussi dépourvus de glace, contrairement aux prévisions.

Les découvertes des chercheurs ont « mis en avant un tout nouveau modèle », commente la géologue Micaela Pedrazas, responsable des travaux, citée par Science Daily. « Ces recherches font apparaître que la structure de la côte est bien plus complexe que nous ne le pensions », confirme Jim McClelland, coauteur de l’étude.