Pyrénées : Voici pourquoi le turbulent ours Goiat ne sera pas (beaucoup) effarouché

BAS LES PATTES Les associations de protection de la nature menaçaient d’attaquer en justice, le préfet des Hautes-Pyrénées a renoncé à utiliser les grands moyens pour faire peur au remuant ours Goiat

Hélène Ménal

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Un ours brun comme ceux qui vivent dans les Pyrénées. Illustration.
Un ours brun comme ceux qui vivent dans les Pyrénées. Illustration. — Ducan Usher - Solent News - Sipa
  • Les associations de protection de l’environnement saluent la décision du préfet des Hautes-Pyrénées ne pas recourir à un effarouchement renforcé contre l’ours Goiat.
  • En mode renforcé, l’effarouchement autorise les tirs non létaux.
  • Goiat est réputé pour être particulièrement vorace.

Dans les Pyrénées, l' ours​ Goiat va passer entre les balles en caoutchouc. Il va pouvoir se chercher tranquillement une tanière pour l’hiver sans craindre de se faire harceler par des effaroucheurs. Plusieurs associations de protection de la nature annoncent en effet ce jeudi que leur demande de recours gracieux a été entendue par le préfet des Hautes-Pyrénées Rodrigue Furcy. « Il a décidé d’abroger les arrêtés autorisant l’effarouchement renforcé de l’ours Goiat », indiquent-elles.

L’effarouchement, expérimenté dans les Pyrénées en 2019, a été autorisé à plus grande échelle cette année par arrêté ministériel. Son niveau renforcé autorise, en plus des cornes de brumes et des lumières aveuglantes, à procéder à des tirs non létaux sur un ours pour l’éloigner d’un troupeau.

Menaces de recours en justice

Les associations s’y opposent, le jugeant dangereux pour les hommes comme pour les plantigrades. Même les experts du très officiel Conseil national de la protection de la nature doutent de son efficacité. D’ailleurs pour convaincre le préfet, les pro ours l’ont menacé d’un recours devant le tribunal administratif.

Ce jeudi, les défenseurs des ours saluent « l’attention et l’écoute » du représentant de l’Etat, en espérant « que cette sagesse se prolongera et inspirera d’autres préfets qui cèdent trop rapidement à la tentation de taper sur les ours plutôt que de renforcer les moyens pour une cohabitation apaisée ».

Goiat, l’ours très médiatique

D’autres recours sont en cours contre des arrêtés d’effarouchement notamment ceux, nombreux, pris en Ariège, de loin le département le plus touché par les prédations d’ours. Les associations comme Férus ou encore Pays de l’Ours-Adet ont aussi attaqué l’arrêté ministériel devant le conseil d’Etat.

L’ours Goiat, réintroduit en Catalogne en 2016, est connu pour avoir la patte lourde. Les Espagnols s’en plaignent et, côté français, il est responsable de trois attaques en cinq jours en mai 2019. Il sait aussi se mettre en valeur comme quand il a été immortalisé en avril 2020 par un photographe, seul sur une crête rocheuse des Pyrénées.