EPR de Flamanville : De l’uranium enrichi a été livré, annonce Greenpeace

NUCLEAIRE L’Autorité de sûreté nucléaire avait donné son feu vert à l’opération

20 Minutes avec agences

— 

Vue de l'EPR de Flamanville en 2012.
Vue de l'EPR de Flamanville en 2012. — Alexis MORIN/SIPA

Un premier camion transportant de l’uranium enrichi est arrivé ce lundi sur le site du réacteur EPR de Flamanville ( Manche​) en construction. « Un camion en provenance de l’usine Framatome de Romans-sur-Isère (Drôme) est arrivé à minuit (…) escorté par une dizaine de véhicules de police et de gendarmerie ainsi qu’un hélicoptère », selon Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace.

Interrogée lundi, la direction d’EDF à Flamanville a indiqué qu’elle ne communiquerait pas sur le sujet.

Autorisation de l’ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait annoncé officiellement il y a deux semaines avoir donné son feu vert à l’opération, précisant que le combustible sera « entreposé dans la piscine du bâtiment prévu à cette fin ». « Cette autorisation est l’une des étapes préalables à la mise en service du réacteur EPR de Flamanville. La mise en service de l’installation, c’est-à-dire le chargement du combustible dans la cuve du réacteur, reste soumise à l’autorisation de l’ASN. Elle fera également l’objet d’une consultation préalable du public », avait indiqué le gendarme du nucléaire.

Dans un communiqué, le réseau d’associations Sortir du nucléaire indique que les livraisons devraient se poursuivre à raison de « deux camions par semaine pendant quatre mois, alors même que l’état du chantier de l’EPR ne justifie absolument pas ce transport ».

Retard et coûts supplémentaires

Lancée en 2006, la construction à Flamanville du premier réacteur français de troisième génération a multiplié les déboires. L’EPR devait à l’origine entrer en service en 2012. Initialement prévu à 3,3 milliards d’euros, son coût a été réévalué par EDF à 12,4 milliards d’euros. La Cour des comptes a publié en juillet un rapport critique sur la filière EPR, faisant état de « dérives de coûts et de délais considérables » sur le chantier du réacteur, dont la mise en service n’interviendra selon elle que « mi-2023 » au plus tôt. Les magistrats font également état de 6,7 milliards de « coûts complémentaires ».

Cette date (de 2023) « est susceptible de glisser au vu de la centaine de soudures toujours en réparation et des incertitudes sur la faisabilité des travaux destinés à les éliminer », précise Sortir du nucléaire. « Rien ne garantit donc que l’EPR puisse fonctionner un jour. Y entreposer du combustible dès maintenant est donc une aberration », ajoute le communiqué des associations anti-nucléaires.