Néonicotinoïdes : Le retour des pesticides « tueurs d’abeilles » donne le bourdon aux apiculteurs d’Occitanie

PESTICIDE Alors que les sénateurs s’apprêtent à débatte mardi la dérogation à l’interdiction de ces pesticides pour la culture de la betterave, les apiculteurs et faucheurs volontaires ont mené des actions en Occitanie devant les sites de production de néonicotinoïdes

B.C.

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Colomiers, le 21 avril 2013. Un apiculteur au travail surl'une de ses ruches.
Colomiers, le 21 avril 2013. Un apiculteur au travail surl'une de ses ruches. — FRED SCHEIBER

Ils n’ont pas dit leur dernier mot. Après avoir manifesté la semaine dernière devant les permanences des députés d'Occitanie qui ont voté contre ou se sont abstenus sur la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes, ce lundi les apiculteurs de la région et les militants des faucheurs volontaires ont mené une action devant les sites des trois firmes qui produisent cette molécule, Bayer-Monsanto, Basf et Syngenta.

Une action en amont du vote des sénateurs, qui doivent ce mardi se prononcer sur la ré-autorisation de ces pesticides dans la culture de la betterave.

En cette veille de vote décisif au Sénat pour le retour des insecticides néonicotinoïdes dits tueurs d’abeilles, les…

Publiée par Syndicat des Apiculteurs d’Occitanie sur Lundi 26 octobre 2020

Pour ces militants, cette autorisation, même pour la seule betterave, est un cheval de Troie pour les sociétés agrochimiques visées, qu’ils ont symbolisé par une statue de trois mètres de haut lors de leur manifestation.

Etudes et méfaits

« En effet, juridiquement le principe d’égalité fera, si les sénateurs confirment cette loi ce mardi 27 octobre, un angle d’attaque permettant aux firmes en réalité d’obtenir une ré-autorisation générale des néonicotinoïdes. Cela fait 25 ans que les apiculteurs français dénoncent les méfaits de ces centaines de tonnes de néonicotinoïdes utilisées en France, quand seulement quelques nanogrammes suffisent à tuer les abeilles », plaide le syndicat des apiculteurs d’Occitanie.

Un « boulevard » serait donc offert à Monsanto et Basf pour aller faire valoir ce principe d’égalité devant le Conseil constitutionnel. « L’adoption de ce texte va clairement nous emmener sur actions juridiques, nous nous irons devant le Conseil d’Etat, nous avons eu de précédentes procédures qui ont toutes été gagnantes sur les néonicotinoïdes », assure Olivier Fernandez, le président du syndicat.

Ce dernier fait valoir que 1.222 études scientifiques internationales ont démontré l’effet reprotoxique des néonicotinoïdes, que ce soit sur les humains, les abeilles ou encore les poissons et papillons.