Environnement : La Banque centrale européenne soutient trop d’entreprises polluantes, dénonce Greenpeace

ENVIRONNEMENT Sur tous les titres privés détenus par la BCE, 63 % proviennent d’entreprises et d’industries utilisant des énergies fossiles ou consommant beaucoup d’énergie

20 Minutes avec agences
Le bâtiment de la BCE à Francfort, en Allemagne (illustration).
Le bâtiment de la BCE à Francfort, en Allemagne (illustration). — imageBROKER.com/SIPA

Les rachats de dettes privées menés par la Banque centrale européenne (BCE) favorisent trop d’entreprises polluantes. C’est la conclusion d’une étude présentée ce mardi par Greenpeace.

Le portefeuille de la BCE montre en effet « un déséquilibre significatif en faveur des entreprises et des industries nuisibles au climat », indique l’ONG, qui a conduit cette étude avec plusieurs universités britanniques et le groupe de réflexion New Economics Foundation (NEF). Selon le rapport, 63 % des obligations privées rachetées par le BCE proviennent de secteurs utilisant des énergies fossiles ou consommant beaucoup d’énergie.


Aller vers un « système financier européen vert »

En 2015, la BCE a lancé un programme de rachats massifs de dettes afin d’injecter des liquidités dans l’économie. Ces rachats respectent un principe de « neutralité » : les titres sont acquis en fonction de leur durée, volume et notation financière, mais le critère environnemental n’est pas pris en compte. La BCE a ainsi créé 2.800 milliards d’euros de monnaie et détient aujourd’hui environ 242 milliards d’euros de titres.

« La BCE a besoin d’une nouvelle orientation plus respectueuse du climat », plaide, dans un communiqué, un expert financier de Greenpeace. « Elle doit aligner au plus vite sa politique monétaire sur les objectifs climatiques de l’accord de Paris et poser ainsi le cadre d’un système financier européen vert. »

Ce lundi, la présidente de la BCE Christine Lagarde a expliqué au >Monde qu’elle allait « tenter d’entraîner le Conseil des gouverneurs » de la BCE à « au moins accepter de s’interroger sur l’action légitime d’une banque centrale pour participer à la lutte contre le changement climatique ». Ce sujet compte parmi les thématiques que la Française souhaite intégrer au vaste chantier de « révision stratégique » du mandat de la BCE.