Nantes : Un « étudiant entrepreneur » veut démocratiser le chauffage solaire à air chaud

ENERGIE Loïck Kalioudjoglou, 27 ans, concourt au prix Pépite qui récompense les meilleurs projets d'entrepreneuriat étudiant

Julie Urbach

— 

Loïck veut promouvoir le chauffage solaire
Loïck veut promouvoir le chauffage solaire — L. Kalioudjoglou
  • Grâce au statut d'« étudiant entrepreneur », un ingénieur nantais est sur le point de monter sa société.
  • Loïck Kalioudjoglou, 27 ans, souhaite démocratiser la solution encore marginale de chauffage solaire à air chaud.

Date souvent choisie pour la mise en route du chauffage, le 15 octobre est attendue par beaucoup de Français qui ont sorti leurs plaids. Mais c’est aussi un grand jour pour Loïck Kalioudjoglou : ce docteur en énergie assistera ce jeudi soir à la remise des prix Pépite, dispositif porté par l’université de Nantes qui récompensera les meilleurs projets d’entrepreneuriat étudiant. Le jeune homme de 27 ans, diplômé de Polytech Nantes, espère séduire le jury avec son projet de chauffage solaire à air chaud.

Loïck veut promouvoir le chauffage solaire

Grâce au statut d'« étudiant entrepreneur », un dispositif méconnu qu’obtiennent chaque année environ 140 jeunes gens (pendant leurs études ou juste après) en Pays-de-la-Loire, Loïck est sur le point de créer sa société qui vise à démocratiser cette solution écologique. « L’idée, c’est de capter la lumière du soleil et d’en restituer la chaleur dans l’habitat, indique l’ingénieur, qui a suivi un programme d’accompagnement personnalisé de cinq mois. Fixé dans le mur, le panneau est composé d’une vitre en verre qui laisse passer les rayons. Derrière, des ardoises vont jouer le rôle d’absorbeur de chaleur. » Entre les deux, un petit ventilateur aide l’air intérieur à circuler, pour se réchauffer.

Le rendre « accessible à tous »

Si le procédé de chauffage aérothermique existait déjà, il s’agit ici d’une version simplifiée, inspirée du mouvement « low tech », afin de le rendre « accessible à tous ». En montant sa société, appelée Enerlog, Loïck produira des panneaux mais souhaite surtout animer des ateliers de construction (avec des matériaux de récupération) afin que particuliers et artisans soient sensibilisés à ce procédé. « Il y a un manque de compréhension, une peur de l’arnaque dès que l’on parle de chauffage, estime Loïck. Il faut que les gens se réapproprient le sujet. » Et réalisent des économies d’énergie : selon l’ingénieur, un panneau (qui doit venir en complément d’une autre solution de chauffage, car dépendant de la météo) permettrait de faire baisser la facture de 25 % pour une pièce de 40 m2.

Des arguments que le jeune homme a pu roder lors de ses cours de droit, comptabilité, ou encore marketing dispensés lors de son accompagnement. « L’objectif est de passer d’un projet à une entreprise, même si ce n’est pas un but à tout prix, explique Vincent Gourlaouen, responsable du Pépite (Pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) des Pays-de-la-Loire. Le plus important est qu’ils acquièrent de solides compétences entrepreneuriales, en développant des idées souvent innovantes, comme celle de Loick. » Pour l’ingénieur, l’un des défis les plus difficiles à relever a été de franchir ce grand écart entre la soutenance de thèse et le pitch. Renoncer à un poste d’ingénieur dans une grande entreprise, comme il aurait pu y prétendre, a été plus simple. « Il manquait dans mes études cette composante écologique. Avec ce projet, je retrouve du sens. »