Nantes : Ankore, une marque de vêtements qui nettoie les océans !

INNOVATION Deux trentenaires nantais lancent leur ligne de vêtements Ankore. Objectif : réduire le plastique des océans et démocratiser la mode responsable

Clara Le Nagard
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Lola Moy et Romain Durand, co-fondateurs de la marque Ankore qu'ils portent sur le dos.
Lola Moy et Romain Durand, co-fondateurs de la marque Ankore qu'ils portent sur le dos. — F.Brenon/20Minutes
  • Les vêtements sont créés à partir de déchets plastiques collectés en Atlantique et en Méditerranée.
  • La filature des produits s’effectue en Espagne et le prototypage au Portugal.
  • La marque qui fait des sweats et tee-shirts souhaite pour l’instant être uniquement présente sur Internet.

C’est en observant les côtes bretonnes que l’idée leur est venue : créer des vêtements à partir de plastique collecté en mer. Il y a deux ans, Lola Moy et Romain Durand, installés à Nantes, ont décidé de lancer Ankore, une marque éthique qui permet de recycler le plastique trouvé dans l’océan. Les préventes qui s’achèveront début novembre témoignent d’ores et déjà d’un beau succès et les deux trentenaires vont bientôt lancer leur production. « La pollution des océans, c’est une catastrophe qui s’observe au quotidien. Ça a été un déclic », explique Romain amateur de surf et co-créateur d’ Ankore.

Ce dernier est à l’époque juriste dans un cabinet de comptabilité et Lola gestionnaire RH. Les deux amis décident de tout plaquer pour tenter une nouvelle aventure. « Il y avait l’idée de devenir indépendants, de créer mais surtout de faire quelque chose qui a du sens », confie Lola.

Un mode de vie plus responsable

Ankore c’est à la fois l’univers marin (anchor signifie ancre marine en anglais) toujours plus pollué mais aussi la volonté d' "encore plus recycler". Lola et Romain ont dû se renseigner sur la fabrication de vêtements plus responsables. « C’est une pratique qui se démocratise mais qu’on voit majoritairement sur des produits féminins. C’était important d’en faire aussi pour les hommes » relate Lola. Les débuts n’ont pas été évidents car il fallait faire confiance à une jeune marque sans expérience, a fortiori pour un projet innovant. « On a toqué à deux cents portes, raconte Romain. D’abord en France puis en Espagne et au Portugal. On voulait promouvoir au maximum le circuit court. »

Un produit qui parcourt peu de kilomètres

Lola et Romain sont entrés en relation avec Seaqual, une entreprise espagnole associée à des pêcheurs qui recueillent le plastique à la fois dans l’Océan Atlantique et en Méditerranée. Les déchets récupérés sont envoyés au centre de recyclage de l’Anglès (Gérone, Espagne) pour être nettoyés, brouillés, fondus, filés et mixés avec du coton biologique. Une fois la filature réalisée, direction Trofa (Portugal) pour le prototypage. « Ce qui est bien avec le Portugal c’est qu’ils sont hyper calés, informe Lola. Ils ont gardé leur savoir-faire. Cette expérience est innovante pour nous mais finalement pour eux aussi. » « On a fait beaucoup de tests, précise Romain. On avait à cœur de proposer un produit confortable et qui dure dans le temps. »

Le design, le patronage et la logistique sont réalisés par Lola et Romain depuis Nantes. A l’heure actuelle, la marque propose sur son site trois coloris de sweat (bleu, camel, gris) à 79 euros et un coloris de tee-shirt (bleu) à 39 euros. Ces prix sont actuellement en réduction sur la plateforme de financement participatif Ulule. Les deux entrepreneurs veulent faire participer leur communauté en fonction des demandes.

Un projet qui suscite l’engouement

Après deux ans de mise en place, les vêtements qui sont uniquement en préventes sur Ulule et produits à la demande pour éviter la surproduction, sont prêts à voir le jour. « Si tout se passe bien, on peut estimer une sortie pour le début d’année 2021 », informe Lola.

Pour l’instant, l’initiative nantaise semble plaire. « On a des commentaires très bienveillants, confesse Romain avec un sourire. Ça fait vraiment plaisir ! Ce sont deux ans de travail qui sont récompensés. » L’objectif initial des 200 préventes est largement dépassé avec à ce jour plus de 600 commandes.

Les deux Nantais voient grand et ne souhaitent pas s’arrêter en si bon chemin. D’autres produits sont déjà en cours d’élaboration. « On pense à des casquettes, des shorts de bain, des sacs à dos… » Les idées ne manquent pas et Lola essaye de se projeter : « On aimerait beaucoup accueillir d’autres talents et embarquer d’autres personnes avec nous dans cette aventure. » D’ici là, ils espèrent approcher près d'un millier de préventes à la fin de la campagne qui s’achèvera le 5 novembre à minuit.