Etats-Unis : Un rapport accuse Facebook de faire le jeu des climatosceptiques

FAKE NEWS InfluenceMap accuse le réseau social de n’avoir retiré qu’une seule publicité niant le lien entre activité humaine et changement climatique sur les 51 identifiées au premier semestre

20 Minutes avec AFP

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Le logo Facebook à la bourse de New York en 2018.
Le logo Facebook à la bourse de New York en 2018. — Richard Drew/AP/SIPA

Le think tank indépendant InfluenceMap a décidé de mettre à l’épreuve Facebook. Il faut dire que l’entreprise américaine a encore répété en septembre être « engagé à lutter contre le changement climatique ». Et la conclusion n’est pas brillante pour le réseau social. Dans un rapport publié jeudi, le groupe accuse le géant américain de permettre aux publicités trompeuses sur le climat de prospérer.

Quelque 8 millions de vues

InfluenceMap a utilisé les données publiques de Facebook pour identifier 51 publicités niant le lien entre activité humaine et changement climatique, qui ont été visualisées au total 8 millions de fois sur la plateforme durant la première moitié de l’année 2020. Sur toutes ces publicités identifiées, seule une a été retirée par le réseau social, tandis que les autres ont pu rester en ligne pour l’intégralité du temps prévu pour leur campagne.

Selon le rapport, quatre groupes conservateurs américains étaient derrière la plupart de ces publicités. Au total, neuf annonceurs ont dépensé collectivement 42.000 dollars pour les 51 annonces. Elles étaient plus susceptibles d’être vues par des hommes âgés de plus de 55 ans, dans des Etats américains ruraux, notamment le Wyoming et le Texas.

Plusieurs stratégies

La stratégie la plus fréquente consistait à attaquer la crédibilité de la science du climat, en affirmant notamment qu’il n’existe pas de consensus scientifique sur le sujet. La deuxième stratégie la plus employée était de remettre en doute l’effet des gaz à effet de serre émis par la combustion d’hydrocarbures sur le changement climatique.

Réagissant à ce rapport, la sénatrice américaine Elizabeth Warren a déclaré au think tank : « ce rapport dévastateur d’InfluenceMap révèle la façon dont Facebook laisse les climatosceptiques propager de dangereuses foutaises auprès de millions de personnes ». La sénatrice faisait partie des quatre sénateurs démocrates ayant écrit à la plateforme en juillet pour réclamer qu’elle « mette fin aux failles qui permettent à la désinformation sur le climat de se répandre ».