Australie : Des diables de Tasmanie réintroduits 3.000 ans après leur disparition

FAUNE LOCALE Vingt-six animaux, sélectionnés pour leurs capacités de reproduction, ont été relâchés cet été et sont sous étroite surveillance

20 Minutes avec agences
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Un diable de Tasmanie, photographié en 2012 au zoo de Sydney, en Australie.
Un diable de Tasmanie, photographié en 2012 au zoo de Sydney, en Australie. — Rob Griffith/AP/SIPA

Des diables de Tasmanie ont été relâchés récemment en Australie. Vingt-six de ces mammifères ont été libérés dans un sanctuaire de 400 hectares au nord de Sydney, a annoncé l’association Aussie Ark ce lundi.

Il s’agit d’une étape « historique » d’un ambitieux programme de protection de l’espèce, selon l’ONG. Il vise à créer une population préservée, le diable étant menacé par une grave forme de cancer contagieux. Les diables étaient 150.000 dans la nature avant l’apparition de cette maladie. Ils sont désormais 25.000.

Un cancer contagieux et mortel

Le diable de Tasmanie peut peser jusqu’à 8 kg. Il chasse généralement les autres animaux ou se nourrit de carcasses de bêtes mortes. Il n’est pas dangereux pour l’homme ou le bétail mais se défend s’il est attaqué, provoquant de graves blessures. Ce marsupial nocturne à la fourrure noire ou brune dégage une forte odeur quand il stresse.

Le diable est frappé depuis 1996 par la tumeur faciale transmissible du diable de Tasmanie (DFTD), fatale à presque 100 %. Elle a décimé 85 % de sa population. L’espèce est désormais en danger d’extinction. Ce cancer contagieux se transmet via les morsures que s’infligent entre eux les diables quand ils s’accouplent ou se battent.

Libérés mais surveillés

« Les diables sont une des seules solutions naturelles pour le contrôle des populations de renards et de chats », responsables de nombreuses extinctions d’espèces, selon le président d’Aussie Ark. « L’enjeu, ici, dépasse le diable de Tasmanie. »

L’ONG a sélectionné des diables pour leurs aptitudes reproductrices et les a placés dans un sanctuaire. Pour la première fois, les animaux réintroduits devront se débrouiller par eux-mêmes. Ils seront tout de même étroitement surveillés

Aussie Ark ambitionne de relâcher davantage de diables dans des zones non clôturées, où ils seront confrontés à des menaces plus nombreuses. Le diable n’est qu’une des sept espèces qu’Aussie Ark projette de réintroduire en Australie dans les prochaines années, avec le chat marsupial, le péramélidé (ou bandicoot) et le pétrogale (wallaby des rochers).