Néonicotinoïdes : Hulot « appelle les députés à ne pas voter cette loi »

PESTICIDES L’ex-ministre de l’Ecologie estime que « prolonger l’usage des néonicotinoïdes pour la filière de la betterave (…) n’est pas une solution »

20 Minutes avec AFP

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Pour Nicolas Hulot, « prolonger l’usage des néonicotinoïdes pour la filière de la betterave (…) n’est pas une solution ».
Pour Nicolas Hulot, « prolonger l’usage des néonicotinoïdes pour la filière de la betterave (…) n’est pas une solution ». — SIPA

L’ancien ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot « appelle les députés à ne pas voter » le projet de loi controversé permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes pour préserver la filière betteraves, dont l’examen commence lundi à l’Assemblée.

« J’appelle les députés à ne pas voter cette loi. Prolonger l’usage des néonicotinoïdes pour la filière de la betterave, alors que leur interdiction a été votée en 2016, ce n’est pas une solution », déclare-t-il dans un entretien au Journal du dimanche. Le projet de loi prévoit le recours temporaire et encadré à ces insecticides néfastes pour les abeilles.

Un message brouillé

Le gouvernement le justifie par la sauvegarde d’une filière qui emploie 46.000 personnes dont 25.000 agriculteurs. En effet, dans de nombreuses régions, les betteraves issues de semences non enrobées d’insecticide sont atteintes de « jaunisse », en raison d’un puceron vert vecteur de la maladie qui affaiblit les plantes.

Mais avec ce texte, le gouvernement est accusé de brouiller son message sur la transition écologique.

Si « réautoriser les néonicotinoïdes n’est pas la solution », Nicolas Hulot concède qu'« on ne peut pas laisser ce secteur au bord de la route ». « Ma fondation a estimé les pertes pour cette année à 77 millions d’euros pour les betteraviers. Indemnisons-les en échange de la mise en place de pratiques : allongement des rotations, réintroduction des haies… », dit-il.

« Je ne lui jette pas la pierre »

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, qui avait elle-même porté en 2016 la loi interdisant ces insecticides, appuie désormais leur réautorisation ciblée.

« Je ne lui jette pas la pierre. J’ai été dans des situations identiques en ayant à gérer des injonctions contradictoires », assure Nicolas Hulot, qui a été ministre de mai 2017 à septembre 2018 avant de démissionner avec fracas, estimant que les actions de l’exécutif étaient insuffisantes.

Par ailleurs, il juge que le parallèle entre les opposants à la 5G et les Amish fait par le président Emmanuel Macron n’était « pas utile ».

« Au moment où l’Amazonie est en feu et où la banquise fond comme neige au soleil, un peu d’humilité ne ferait de mal à personne », juge l’ancien animateur télé.