Des traces de néonicotinoïdes dans 10% d'aliments végétaux, selon une ONG

INSECTICIDES Les néonicotinoïdes sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens

20 Minutes avec AFP

— 

Les abeilles ont le sens du calcul (photo d'illustration).
Les abeilles ont le sens du calcul (photo d'illustration). — Pixabay

Des traces de résidus de néonicotinoïdes, ces insecticides « tueurs d’abeilles » controversés que  e gouvernement veut réintroduire temporairement, ont été trouvées sur plus de 10 % d’échantillons d’aliments d’origine végétale contrôlés en 2017, a dénoncé l’ONG Générations futures, ce vendredi.

L’ONG, spécialisée dans la lutte contre l’usage des produits chimiques en agriculture, a étudié les résultats publics des contrôles effectués par la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) sur les résidus (donc en dessous des normes autorisées) de pesticides dans les aliments d’origine végétale.

La Chine en tête du classement

Sur 4.598 échantillons non-bios examinés, 491 – soit 10,68 % – présentaient des traces de néonicotinoïdes. Et parmi ces derniers, 140 (soit 28,5 %) contenaient la trace de plusieurs de ces produits. Principalement concernés, les thés d’origine chinoise, avec 157 échantillons.

La Chine arrive en tête des pays d’origine avec ces seuls 157 produits, suivie par la France avec 79 échantillons présentant des traces de résidus (soit 12,2 % du total), la République Dominicaine (48 échantillons), l’Espagne (44) ou le Chili (26). Au total, des produits provenant de 32 pays présentaient des traces de résidus, dont les deux-tiers issus de pays hors Union Européenne.

Une dérogation pour la betterave

Après les avoir interdits en 2018, le gouvernement a accepté d’accorder à compter de l’an prochain des dérogations temporaires pour l’usage de néonicotinoïdes, comme dans une douzaine d’autres pays européens, afin de juguler la « jaunisse de la betterave », propagée par un puceron. Une loi en ce sens est actuellement en discussion à l’Assemblée.

Estimant que cette étude démontre que « nous sommes toutes et tous potentiellement exposés » aux néonicotinoïdes, dont certains sont par ailleurs suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, Générations Futures appelle les députés à rejeter ce texte.