Nord : L'entreprise Tata Steel est-elle à l'origine de la coloration orange de la Sambre ?

ENVIRONNEMENT Du côté de Maubeuge, la rivière Sambre s’est teintée d’orange à plusieurs reprises depuis le mois d’août

Mikaël Libert

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La rivière Sambre, dans le Nord (illustration).
La rivière Sambre, dans le Nord (illustration). — Thibaut Chevillard
  • Depuis le 31 août dernier, la rivière Sambre connaît des épisodes de pollution.
  • Ses eaux se teintent d’une couleur orangée, preuve de la présence de matière ferreuse.
  • Une entreprise près de Maubeuge est dans le collimateur des autorités.

Ce que l’on sait, c’est que l’on ne sait rien. A la fin du mois d’août dernier, les riverains de la Sambre, du côté de Maubeuge, dans le Nord, ont remarqué que leur rivière s’était teintée d’orange au cours de la nuit. Une couleur plutôt anormale qui a tout de suite éveillé les soupçons d’une pollution. Depuis, ces épisodes se sont succédé sans que les autorités aient pu en déterminer avec certitude l’origine. Pour autant, plusieurs pistes sont à l’étude.

Entre le 31 août et jeudi dernier, les eaux de la Sambre ont pris à trois reprises une teinte orangée. Des épisodes qui duraient chaque fois plusieurs jours, la pollution s’estompant avec le temps. Les analyses des échantillons prélevés par les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont « confirmé qu’il s’agissait de matières en suspension chargées en fer », avait rapidement déclaré la préfecture du Nord, précisant par ailleurs que ce n’était pas dangereux « pour la faune et la flore ».

L’entreprise Tata Steel dans le viseur

Un bon point, on ne part pas de rien. En revanche, il va s’avérer beaucoup plus compliqué de trouver l’origine du mystère. Les services de l’Etat ont ciblé des entreprises situées en amont de la pollution, notamment les installations classées de Tata Steel Maubeuge dont le cœur de métier est, justement, les métaux ferreux. Les plongeurs des pompiers avaient d’ailleurs constaté, le 7 septembre, la présence « d’un dépôt sédimentaire ferreux d’environ 10 m² au fond du cours d’eau et à proximité des installations de Tata Steel », poursuit la préfecture. Un dépôt pouvant être ancien, « aucun rejet accidentel ou volontaire n’étant détecté lors de ces deux visites de Tata Steel » par les inspecteurs de la Dreal. Deux autres entreprises ont été inspectées, en vain.

Après le second épisode de pollution constaté le 10 septembre, l’entreprise Tata Steel a de nouveau été questionnée. Selon la préfecture, les investigations menées ont « permis d’exclure des rejets depuis ce site » sans pour autant aboutir à identifier la source. Pour le dernier épisode, qui remonte à jeudi dernier, les inspecteurs ont « constaté un panache orangé à la sortie d’un point de rejet d’eaux industrielles et d’eaux pluviales de Tata Steel », reconnaissent les services de l’Etat. Il est aussi précisé que des « non-conformités » ont été relevées dès le 7 septembre sur la gestion des eaux pluviales du site.

Du coup, à qui la faute ? En fait, on ne sait toujours pas. La préfecture du Nord assure « qu’aucun lien direct n’est établi entre la coloration de la Sambre et l’activité de Tata Steel ». Ce sera à l’entreprise elle-même de veiller à ce que cela ne se reproduise pas, en effectuant notamment des rondes de surveillance de son système d’évacuation des eaux pluviales.