Pays-de-la-Loire : Lhyfe veut devenir la « locomotive » de l’hydrogène vert en Europe

ENVIRONNEMENT La société nantaise prévoit la mise en service d'une douzaine d'unités de production d'hydrogène vert d'ici à 2023

Frédéric Brenon

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Une station de distribution d'hydrogène au Mans, le 8 juillet 2020 (illustration).
Une station de distribution d'hydrogène au Mans, le 8 juillet 2020 (illustration). — J-F.Monier/AFP
  • Lhyfe ambitionne de produire et de distribuer de l'hydrogène fabriqué sans énergie fossile, ni électricité nucléaire.
  • Une première usine de production est en cours de construction en Vendée.
  • L'hydrogène peut servir à alimenter des voitures, bus ou camions.

Un plan stratégique européen le 8 juillet, un plan d’investissement français de 7 milliards d’euros le 8 septembre et même un plan régional de 100 millions d’euros en Pays-de-la Loire le 25 septembre… L’hydrogène est assurément la star des carburants pour les transports de demain. Un engouement politique qui tombe à pic pour Lhyfe, start-up nantaise dont l’ambition est devenir la « locomotive » de la production d’hydrogène vert en Europe.

L’hydrogène vert ? Un gaz propre obtenu par le procédé de l’électrolyse de l’eau, lui-même alimenté par de l’électricité issue d’énergies renouvelables, comme les éoliennes. A ne pas confondre avec « l’hydrogène gris », extrait à partir d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz fossile…), ou « l’hydrogène bas carbone », produit par électrolyse à partir du réseau électrique, « donc du nucléaire, ce qui ne nous convient pas non plus », explique Matthieu Guesné, fondateur de Lhyfe.

La première unité de production opérationnelle en mai

Pionnière dans le domaine, la société nantaise prévoit d’ouvrir une douzaine d’unités de production en France et en Europe d’ici à 2023, puis une trentaine les années suivantes. Les travaux de construction du premier site viennent tout juste de débuter à Bouin (Vendée), près d’un parc éolien. Six millions d’euros ont été dépensés pour pouvoir produire, à partir de mai, 300 kg d’hydrogène par jour à partir d’eau de mer. « Ce sera une première mondiale à l’échelle industrielle, s’enthousiasme Matthieu Gesné. 300 kg d’hydrogène, cela correspond à la consommation de 700 voitures. Pour y parvenir on n’a pas besoin de pomper beaucoup d’eau puisque avec un litre vous obtenez la même énergie qu’avec un litre d’essence. C’est presque magique. »

Pose de la première pierre de la première unité de production d'hydrogène vert, le 26 septembre 2020 à Bouin.
Pose de la première pierre de la première unité de production d'hydrogène vert, le 26 septembre 2020 à Bouin. - Lhyfe

L’hydrogène produit à Bouin sera ensuite distribué à des stations-service équipées (très peu nombreuses aujourd’hui). « On peut faire le plein en quelques minutes pour un tarif de 70 euros. L’autonomie est la même qu’un véhicule diesel. Le moteur ne fait pas de bruit et ne rejette que de l’eau. » A moyen terme, d’autres débouchés peuvent être également envisagés, comme les bus, les poids lourds ou les camions-poubelle. « Il y a une prise de conscience des enjeux environnementaux. On est à un point de bascule où le développement de l’hydrogène peut aller très vite », est convaincu Matthieu Guesné.

Les effectifs pourraient doubler chaque année

Dans cette perspective, Lhyfe, envisage déjà de plus grosses unités de production, capables de livrer jusqu’à 1 tonne d’hydrogène vert par jour. Même si ces sites seront « hautement automatisés, un peu à l’image d’un barrage hydroélectrique », les effectifs de la start-up vont évidemment devoir grossir. « On est une vingtaine actuellement. On va monter à 30 d’ici la fin d’année. Puis on prévoit de doubler les effectifs chaque année », détaille Matthieu Guesné.

Quant à la région Pays-de-la-Loire, elle devrait garder un « temps d’avance » puisque, après Bouin en Vendée, une unité de production Lhyfe pourrait voir le jour dans chaque département, avec le soutien du conseil régional. Ce dernier prévoit également, entre autres, le déploiement d’une ligne de cars et un TER à hydrogène. « Nous voulons faire des Pays de la Loire la première région de l’hydrogène en France », ambitionne Christelle Morançais, présidente (LR) du conseil régional.