Nice : Un arbre qui sent « le vomi » écœure les riverains

PEU RAGOUTANT Un spécimen de ginkgo biloba sème la zizanie entre la ville et des habitants

Fabien Binacchi

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L’arbre de la discorde est planté sur la rue de Roquebilière
L’arbre de la discorde est planté sur la rue de Roquebilière — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • A l’est de Nice, des riverains pestent contre les fruits d’un ginkgo biloba qui empestent.
  • Les « ovules » de cet arbre femelle dégagent une odeur de « contenu gastrique » en se dégradant.

Signe de paix pour les uns, loué par les autres pour ses vertus médicinales, veinotoniques notamment, le ginkgo biloba peut aussi parfois semer la zizanie. C’est le cas à l’ouest de Nice où un spécimen de cet arbre a déclenché un bras de fer entre des riverains et la mairie. L’objet de la discorde : ses « fruits » qui, en tombant en sol, dégageraient une odeur… de vomi, peu ragoûtante pour les habitants des balcons, au 45 rue de Roquebillière.

« Ce ne sont pas des fruits, mais des ovules, rectifie d’emblée Jean-Michel Meuriot, l’expert botaniste à la ville de Nice. Cet arbre a un fonctionnement différent. Il existe depuis plus de 270 millions d’années, 40 millions d’années avant les dinosaures. Il est très résistant. Il échappe à plein de maladies. »

Des « œufs » pleins « d’acides gras »

Sauf que, problème ici, c’est bien un ginkgo biloba femelle qui a été planté. « Nous avions déjà rencontré ce problème au square Wilson [à Nice]. Les mâles ne produisent pas ces fameux ovules », poursuit le spécialiste. Et si l’odeur qui s’en dégage fait penser à celle d’une régurgitation, c’est que ces « œufs » en attente de pollinisation sont pleins « d’acides gras ». « Il s’agit notamment d’acide butyrique qui, en se dégradant, peut faire penser à du beurre rance ou, effectivement, à du contenu gastrique », précise encore Jean-Michel Meuriot.

Une « ferme opposition » à sa transplantation

Des riverains se sont depuis proposés pour effectuer le ramassage de ces ovules avant qu’ils ne pourrissent. La mairie, elle, envisage de transplanter rapidement l’arbre pour lui substituer un mâle greffé.

Une option qui a soulevé la « ferme opposition » du comité de quartier Saint-Roch et de Juliette Chesnel-Le Roux, élue EELV. Vu la taille du spécimen et donc de ses racines, son enlèvement ne pourrait pas se faire « sans dommage », selon eux.