Protection animale : La présentation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants va être progressivement interdite

ANIMAUX La ministre de la Transition écologique a annoncé, ce mardi, la « fin progressive » des animaux sauvages dans les cirques lors d'une conférence de presse consacrée au « bien-être de la faune sauvage captive »

Fabrice Pouliquen

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Un lion, dans un cirque (illustration)
Un lion, dans un cirque (illustration) — Sergei Karpukhin/TASS/Sipa USA/SIPA
  • La ministre de la transition écologique a fait plusieurs annonces, ce mardi matin, en faveur du bien-être de la faune sauvage captive en France
  • La présentation d’dans les cirques itinérants va être progressivement interdite en France, ainsi la reproduction et l’introduction de nouveaux orques et dauphins dans les delphinariums ou encore les élevages de visons
  • « Une excellente nouvelle », glisse-t-on à Peta France où ces trois annonces étaient attendues depuis longtemps. Avec quelques bémols toutefois.

La présentation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants va être progressivement interdite en France, ainsi que la reproduction et l’introduction de nouveaux orques et dauphins dans les trois delphinariums du pays, a annoncé ce mardi l a ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.

La ministre, qui a présenté une série de mesures sur le « bien-être de la faune sauvage captive », a également annoncé la fin de l’élevage des visons d’Amérique​ pour leur fourrure, relevant que « notre époque a changé dans son attitude à l’animal sauvage ».

Barbara Pomipili parle d’une transition progressive. Le calendrier reste flou sur certains points. « Pour les élevages de visons [il en reste quatre en France], nous avons mis une interdiction à cinq ans, indique la ministre.

D’ici deux ans, les orques [seul le parc de Marineland en détient en France et ils en ont quatre] seront sorties des delphinariums. Le dossier est plus compliqué pour la sortie des dauphins. Il faut leur trouver des solutions pour les accueillir et les protéger. Cela pourrait prendre sept années ou un petit peu plus. »

Pas de dates annoncées pour les cirques

Pour ce qui est des cirques itinérants, Barbara Pompili est cettte fois-ci plus floue. « Nous avons donné une fourchette aux circassiens, mais pas de dates précises, dit-elle. Mettre une date ne résout pas tous les problèmes, je préfère mettre en place un processus pour que ça arrive le plus vite possible."

La ministre dit avoir conscience que ces décisions « sont dures pour les professionnels concernés ». « Les delphinariums vont devoir s’arrêter progressivement, indique-t-elle. Pour les cirques itinérants, c’est un peu différent. On parle plus d’une reconversion. Nous voulons que les cirques itinérants persistent mais se réinventent autour de ce qu’on appelle les arts du cirque. » « Une enveloppe d’environ huit millions d’euros est prévue pour aider ces reconversions, des cirques itinérants comme des delphinariums », précise la ministre.

« Un grand pas dans la bonne direction »

En octobre dernier, dans un sondage OpinionWay pour des ONG de protection animale (SPA, Fondation Brigitte Bardot et Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences), 65 % des personnes interrogées se disaient « défavorables » à la présence d’animaux sauvages dans les spectacles de cirque.

« Un grand pas dans la bonne direction, souligne Anissa Putois, de l'ONG Peta France. Ces trois annonces se faisaient attendre depuis très longtemps. » Avec quelques bémols toutefois. L’interdiction à cinq ans des élevages de visons est un délai très long, sachant qu’il ne reste plus que quatre élevages en France, que le monde de la mode se détourne de la fourrure d’origine animale et que la France est très en retard sur cette question, estime Anissa Putois. La plupart de nos pays voisons ont déjà pris ces mesures, même ceux où les élevages de visons étaient bien plus importants que chez nous. »

Elle regrette aussi que la fin de la présentation d’animaux sauvages dans les cirques ne concerne que les itinérants. « Bien sûr l’itinérance dégrade un peu plus encore le cadre de vie de ces animaux, mais leur sort n’est pas très enviable non plus dans les cirques installés. »

L’association de défense des cirques français très surprise

Cyrille Emery, de son côté, se dit très surpris par les annonces de Barbara Pompili sur la fin des représentations d’animaux sauvages dans les cirques. « Elles ne reflètent en rien les échanges que nous avons eu vendredi dernier, réagit-il. Ce n’est toutefois qu’une annonce, qu’il sera bien compliqué à traduire en mesure législative. La fin de la présentation des animaux sauvages dans les cirques se confrontera à des obstacles techniques, économiques et réglementaires. Et ça ne sera jamais possible sans accords avec les cirques français. »

Or, le délégué général de l’Association de défense des cirques de famille, l’assure : « nous n’allons pas nous laisser faire. Les cirques français tiennent à leurs animaux qu’ils ne maltraitent pas ».

Les parcs zoologiques également concernés

Plusieurs mesures annoncées par Barbara Pompili ce mardi matin concernent les parcs zoologiques, toujours dans l’optique d’améliorer le bien-être de la faune sauvage captive. De nouvelles normes de détention vont ainsi être instaurées pour certaines espèces détenues dans les zoos, comme l’ours polaire (température, accès à des zones d’ombre…), précise le ministère de la Transition écologique, dans un communiqué. De la même manière, de nouvelles mesures d’encadrement des spectacles en zoos vont être introduites. Comme l’interdiction pour le public de toucher les animaux.