Occitanie : Adoptez un nichoir et aidez à repeupler les berges du canal du Midi

BIODIVERSITE Pour protéger la biodiversité du canal du Midi, malmenée par l’abattage des platanes touchés par le chancre coloré, une expérience est lancée avec le concours des riverains

Béatrice Colin

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Les riverains du canal du Midi peuvent candidater pour avoir un gite à chauve-souris ou un nichoir à oiseaux.
Les riverains du canal du Midi peuvent candidater pour avoir un gite à chauve-souris ou un nichoir à oiseaux. — Symbiosphere
  • A cause du chancre coloré, à l’origine de l’abattage de 25.000 platanes au cours des quinze dernières années, le canal du Midi voit sa faune perturbée.
  • Pour maintenir la présence des oiseaux et chauve-souris le long de ses berges, Voies navigables de France a installé 900 nichoirs ces dernières années.
  • Les riverains sont invités à participer à cette expérience en accueillant chez eux des refuges.

C’est l’une des conséquences de l’arrivée du chancre coloré sur les berges du canal du Midi. Depuis 15 ans, près de 25.000 platanes touchés par ce parasite mortel ont été abattus et, avec ces coupes, une crise du logement a vu le jour. Les mésanges charbonnière ou encore les pipistrelles avaient en effet pris l’habitude de nicher dans les cavités nombreuses sur ces arbres, dont l’alignement ont fait la notoriété du cours d’eau inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Après leur avoir installé près de 900 lits douillets sur les arbres encore debout pour qu’ils s’y réinstallent, Voies navigables de France (VNF) a décidé de proposer aux riverains du canal de leur offrir le gîte et le couvert. « Quand nous avons démarré l’abattage, nous avons de suite pensé à la replantation mais nous avons aussi réfléchi à ce que nous perdions. Nous avons engagé des inventaires et regardé les espèces protégées présentes car nous avons une responsabilité envers cette biodiversité », explique Emilie Collet, responsable environnement au sein de VNF Sud-Ouest.

Les premiers nichoirs installés sur les berges sont régulièrement investis par des Petit-Duc et des Rollier d’Europe et leur taux d’occupation de 65 % ne cesse de croître. « Nous avons posé les premiers sur le domaine fluvial, mais nous nous sommes dit qu’il fallait aller au-delà du canal, notamment là où il y a un vide, où le chancre coloré a touché de nombreux arbres. Le comité d’experts s’est alors dit pourquoi ne pas faire participer la population », poursuit la chargée de mission.

Un vrai suivi écologique

Un appel aux riverains du cours d’eau vient donc d’être lancé pour l’accueil de 430 refuges à oiseaux et chauve-souris. Pour devenir l’hôte d’un de ces gîtes, il faut habiter entre 5 et 10 km à proximité du canal, avoir un arbre pouvant supporter la pose d’un nichoir et, surtout, s’engager à assurer le suivi écologique sur la durée. Et s'inscrire sur le site créé pour l'occasion.

Les riverains du canal du Midi peuvent candidater pour avoir un gite à chauve-souris ou un nichoir à oiseaux.
Les riverains du canal du Midi peuvent candidater pour avoir un gite à chauve-souris ou un nichoir à oiseaux. - Symbiosphere

« Il faut parfois un ou deux ans avant qu’ils fonctionnent. L’idée n’est pas d’y passer tous les jours, mais à certaines périodes. Nous sommes en train de développer une application où les observations pourront être rentrées. C’est une façon de faire de la science participative et un moyen d’avoir des statistiques à grande échelle », avance Emilie Collet qui espère que des écoles candidateront.

Une fois la sélection des participants réalisée, les premiers gîtes seront distribués d’ici à la fin de l’année. Avec l’espoir de voir nicher dès le printemps les premiers Rollier d’Europe, remarquables grâce à son bleu électrique.