Bouches-du-Rhône : Vingt actions proposées par un rapport parlementaire pour sauver l’étang de Berre

ENVIRONNEMENT Un rapport parlementaire propose une vingtaine d’actions pour corriger le mauvais état écologique de l’étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône

20 Minutes avec AFP

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L'étang de Berre.
L'étang de Berre. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Un rapport parlementaire propose une vingtaine d’actions pour sauver l’étang de Berre.
  • « La vie biologique a disparu sur la moitié des fonds de l’étang » depuis 1966.
  • Parmi les propositions, la réouverture du tunnel du Rove, effondré depuis 1963.

Respecter l’objectif européen de « bon état des eaux » d’ici 2027. C’est avec cet objectif que des parlementaires ont rendu un rapport avec une vingtaine d’actions pour corriger le « mauvais état écologique » de l’étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône, la plus grande lagune de France.

« La probabilité » de passer ce cap « est plus qu’incertaine », concède le rapport de la mission d’information parlementaire sur la réhabilitation de l’étang de Berre, présenté ce mercredi à l’Assemblée nationale par son rapporteur, le député LREM des Bouches-du-Rhône Jean-Marc Zulesi.

Mais pas question d’utiliser la possibilité offerte par la directive cadre sur l’eau du 23 octobre 2000 de s’affranchir de cette date-limite, insiste la mission présidée par les députés des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville (PCF) et Eric Diard (LR) : « Le recours à cette dérogation ne se justifie pas et l’atteinte des objectifs fixés pour 2027 est primordiale ».

« La vie biologique a disparu sur la moitié des fonds »

Pour améliorer la qualité de l’eau de l’étang de Berre, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Marseille, la mission parlementaire recommande surtout une réduction supplémentaire des rejets d’eau douce et de limons de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas, une des 11 communes qui bordent cette étendue de 15.500 hectares.

Si la pollution historique, d’origine industrielle et urbaine, « a aujourd’hui complètement cessé », assure le rapport, l’écosystème de la lagune est surtout perturbé depuis 1966 par les rejets de cette centrale qui provoquent une « stratification » des eaux. Conséquence : l’eau salée, plus lourde, plonge en profondeur et « la vie biologique a disparu sur la moitié des fonds de l’étang ».

Véritables prairies sous-marines, les zostères, qui s’étendaient sur 6.000 hectares au début du XXe siècle, couvrent à peine une dizaine d’hectares aujourd’hui, victimes en prime de divers épisodes de « malaïgue » (« mauvaises eaux »), ce phénomène météorologique qui conjugue températures élevées et absence de vent.

Pas de fermeture de la centrale de Saint-Chamas

Pendant des années, la centrale de Saint-Chamas a évacué 3,3 milliards de mètres cubes d’eau douce et 460.000 tonnes de limons par an. Mais ces rejets ont déjà été fortement limités, jusqu’à des plafonds de 1,2 milliard de mètres cubes et 60.000 tonnes par an. La mission « préconise une nouvelle phase de diminution de ces rejets, de plus ou moins 50 % ».

Pas question cependant de fermer la centrale : cette mesure « ne semble pas opportune », estime le rapport, qui propose de réactualiser l’étude sur le projet de dérivation des eaux issues de la centrale, estimé à un milliard d’euros en 2000.

Canal du Rove

Autre préconisation forte : la réouverture du canal du Rove, creusé en 1926 pour relier l’étang au port de Marseille. Depuis 1963 et l’effondrement partiel du tunnel du Rove, cet apport en eau salée s’est tari, contribuant au déséquilibre de l’étang. Des études avaient évalué ce projet à 31 millions d’euros en 2016.

Ces mesures permettraient d’améliorer l’état écologique d’une lagune seulement ouverte vers la Méditerranée par le chenal de Caronte. Dans l’étang de Berre, lagune française dont le taux de renouvellement est le plus long, l’eau reste en moyenne 187 jours, contre 53 par exemple pour l’étang de Thau (Hérault).