Bordeaux : Une centrale géante de 140.000 panneaux solaires assemblés sur une ancienne décharge

ENERGIE L’entreprise JP Energie Environnement a présenté ce mercredi le chantier de la plus grande centrale urbaine d’Europe, sur l’ancienne décharge de Labarde à Bordeaux

Mickaël Bosredon

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La centrale solaire de Labarde est en cours de réalisation à Bordeaux et sera achevée fin 2021
La centrale solaire de Labarde est en cours de réalisation à Bordeaux et sera achevée fin 2021 — JPee
  • JP Energie Environnement assemble sur ce site 140.000 panneaux photovoltaïques, qui fourniront l’équivalent de la consommation électrique hors chauffage de 70.000 habitants.
  • La centrale se situe sur l’ancienne décharge de la métropole, ce qui représente une très forte contrainte pour l’assemblage des panneaux.
  • Elle devrait être complètement opérationnelle d’ici à fin 2021.

Ses concepteurs assurent qu’il s’agit de « la plus grande centrale solaire urbaine d’Europe ». Avec ses 140.000 panneaux photovoltaïques posés sur un site de 60 hectares situé juste en face du stade Matmut Atlantique, en bordure de Garonne, la centrale solaire de Labarde à Bordeaux en met en effet plein les yeux.

Située face au stade matmut Atlantique, la centrale solaire de Labarde est composée de 140.000 panneaux photovoltaïques.
Située face au stade matmut Atlantique, la centrale solaire de Labarde est composée de 140.000 panneaux photovoltaïques. - JPee

Mais la prouesse n’est même pas là. Sa particularité est de se situer sur une ancienne décharge. Car ici se trouvait entre les années 1970 et 1984, la décharge des 27 communes de la métropole bordelaise. On y entreposait les déchets ménagers, des déchets d’entreprises ou encore des boues de station d’épuration. Puis la métropole a rebouché le couvercle au-dessus des 2 à 3 millions de m3 de déchets, en réhabilitant le site entre 2004 et 2009, et en le rendant étanche pour éviter toute infiltration d’eau. Personne, alors, ne pensait construire quoi que ce soit par-dessus.

Un réseau de pistes pour faire circuler les poids lourds

C’est l’entreprise JPee (JP Energie Environnement), qui a eu l’idée d’y installer une centrale solaire. En mettant en avant le principal atout des panneaux photovoltaïques, à savoir qu’il s’agit d’équipements démontables. « C’est un énorme Lego que l’on peut démonter en cas de problème » résume Sylvain Vasseur, directeur de l’activité solaire JPee. Il n’empêche que le projet, entrepris en 2015, a été long à se mettre en place, en raison des contraintes du site. Il a notamment fallu établir tout un réseau de pistes sur la décharge, pour faire circuler les poids lourds acheminant le béton et les équipements, sans altérer l’étanchéité du site.

Il a d'abord fallu créer un réseau de pistes sur l'ancienne décharge de Labarde, pour acheminer les matériaux de la centrale solaire
Il a d'abord fallu créer un réseau de pistes sur l'ancienne décharge de Labarde, pour acheminer les matériaux de la centrale solaire - JPee

« Il a aussi fallu réaliser des fondations superficielles, poursuit Sylvain Vasseur, et on ne pouvait pas enterrer les câbles dans les massifs de déchets, donc il a fallu les faire passer en aérien. Enfin, nous avons dû proposer des structures capables de s’adapter, de se régler en fonction des éventuels tassements du sol. » Au final, « c’est une belle opportunité pour valoriser ces sites sur lesquels on ne peut pas faire grand-chose d’autre ; on ne peut pas venir avec des activités agricoles ni avec des constructions lourdes. »

« Un rôle important dans l’alimentation électrique de l’agglomération »

Entamé en 2019, le chantier en est environ à la moitié de sa réalisation à ce jour. « La moitié de la centrale sera mise en service tout début 2021, et la deuxième tranche à l’automne 2021 », annonce Sylvain Vasseur. D’une puissance de 59 MW, la centrale produira 75 GWh/an, soit l’équivalent de la consommation d’électricité domestique hors chauffage de 70.000 habitants (28 % de la population bordelaise).

La centrale de Labarde « aura donc un rôle important dans l’alimentation électrique de l’agglomération ». Le président de JPee, Jean-Louis Nass, assure de son côté qu’elle permettra d’éviter le rejet de 3.000 tonnes de CO2 par an.