Energie : Le parc éolien a progressé de 11 % en 2019 et le secteur crée des emplois

BON VENT En plus du parc éolien en mer au large de Saint-Nazaire, un autre projet du même type doit voir le jour en 2028 au large de Fécamp

20 Minutes avec AFP

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Production des futures éoliennes au large de Saint-Nazaire, à Montoir-de-Bretagne, le 15 septembre 2020.
Production des futures éoliennes au large de Saint-Nazaire, à Montoir-de-Bretagne, le 15 septembre 2020. — AFP

La capacité du parc éolien français a progressé et continué de créer de l’emploi en 2019 et début 2020, malgré un retard lié à la crise sanitaire, selon l’Observatoire de l’éolien publié ce mardi par France énergie éolienne (FEE).

Le parc éolien a augmenté de 11 % par rapport à 2018, portant sa capacité à 16,6 gigawatts avec 8.000 éoliennes sur tout le territoire, selon cette étude de la FEE, qui regroupe 90 % des acteurs du secteur en France. La part de l’éolien a atteint 6,3 % de la production électrique française (+21 % par rapport à 2018), qui reste dominée à plus de 70 % par le nucléaire.

Plus de 20.000 personnes employées en France

« La filière démontre que la transition énergétique est porteuse d’emploi, avec une progression de 11 % des emplois en 2019 », selon la FEE. « 20.200 personnes travaillent désormais dans ce secteur ». La hausse des investissements et de l’emploi en 2019 et début 2020 est en grande partie liée à l’entrée en construction du premier parc éolien en mer au large des côtes françaises, à Saint-Nazaire, d’une capacité de 480 mégawatts.

Le parc éolien en mer de Fécamp, d’une puissance de 497 mégawatts, va également commencer sa construction, pour une mise en service prévue d’ici 2023. La FEE estime que la crise sanitaire pourrait retarder entre 300 et 700 mégawatts de capacité éolienne sur les prochaines années, mais met l’accent sur la continuité de production, avec un taux de couverture moyen pour l’éolien de 8,8 % au premier semestre.

La tendance à la concentration des fabricants de turbines s’est par ailleurs maintenue, les quatre leaders (Enercon, Vestas, Senvion et Nordex) représentant plus de 83 % de la puissance installée. Chez les exploitants, les géants français Engie et EDF continuent de dominer le marché avec des capacités de 2.584 et 1.675 mégawatts fin juin.

Un équipement qui doit doubler d’ici 2028

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, citée dans le rapport, assure que le gouvernement travaille à « simplifier les procédures relatives à l’éolien en mer, sans réduire la place accordée au dialogue avec les parties prenantes, et accompagner le développement des premiers parcs. »

La feuille de route du gouvernement en matière énergétique prévoit de doubler d’ici à 2028 la capacité éolienne terrestre et de lancer chaque année un appel d’offres pour l’éolien en mer d’environ 1 gigawatt, rappelle la FEE. « La filière est prête à atteindre ces objectifs, a déclaré le président de FEE Nicolas Wolff lors d’une conférence de presse, mais pour cela il faut absolument lever certaines contraintes. »

« Aujourd’hui l’urgence est à la cohérence », a-t-il ajouté, appelant le gouvernement à « libérer de l’espace », 47 % du territoire français étant aujourd’hui interdit à l’éolien. La France est le 4e pays éolien en Europe par sa puissance raccordée derrière le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne.