Eure : Un arrêté autorisant l’abattage de renards annulé par le tribunal administratif

JUSTICE La préfecture estimait que les renards nuisaient aux élevages de volailles ainsi qu’aux populations locales de perdrix

20 Minutes avec agences

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Des renards ont été observés à Lille (illustration).
Des renards ont été observés à Lille (illustration). — P.Cecil / Cover Images / SIPA

Le tribunal administratif de Rouen (Seine-Maritime) a annulé ce vendredi un arrêté préfectoral autorisant l’abattage de nuit de renards dans l’Eure. Les juges ont suivi l’avis du rapporteur public, qui demandait l’annulation de cet arrêté, déjà suspendu en référé en 2019.

L’arrêté autorisait l’élimination de renards la nuit sans donner de limite chiffrée. Le préfet de l’Eure mettait en avant la diminution de la population de perdrix et les dommages causés sur les élevages de volailles.

Le renard ne constitue pas une menace

Citant une étude de la fédération des chasseurs de l’Eure, le tribunal a estimé que la cause des disparitions n’était qu’en partie liée aux renards. Un schéma départemental de gestion cynégétique montrait que la disparition des perdrix tenait surtout « à la monoculture, l’agrandissement parcellaire, le machinisme agricole et la destruction des éléments fixes du paysage ».

En conclusion, « il ne ressort pas du dossier que le renard représenterait une menace justifiant le recours aux mesures de destruction prévues par l’arrêté », a conclu le tribunal. La justice avait été saisie par l’Association pour la protection des animaux sauvage (Aspas), l’Association One Voice et le Groupe mammologique normand (GMN).

Le 4 septembre dernier, le tribunal administratif de Rouen a aussi suspendu un arrêté du préfet de Seine-Maritime autorisant l’abattage de 1.430 renards d’ici à 2021. L’affaire est toujours en cours.