Le réchauffement climatique va créer des conditions « bien plus favorables » pour le vin en Bretagne

VITICULTURE Les initiatives se multiplient et les plantations de vigne se poursuivent dans la région

C.A. avec AFP

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Le vignoble du Mont Garo, à Saint-Suliac, produit du vin depuis plus de quinze ans.
Le vignoble du Mont Garo, à Saint-Suliac, produit du vin depuis plus de quinze ans. — C. Allain / 20 Minutes
  • La hausse des températures pourrait faire de la Bretagne un climat plus propice à la production de vin.
  • D’après un climatologue, les températures enregistrées à Quimper sont les mêmes que celles enregistrées à Angers il y a cinquante ans.
  • Dans la région, les plantations de vigne se multiplient, souvent par des amateurs et désormais par des professionnels.

On les prenait pour des fous. Il y a quelques années, les passionnés réunis au sein des Vignerons de Garo étaient bien seuls à penser que l’on pouvait faire du vin sur les terres de la Bretagne administrative. Hormis la Loire-Atlantique, dont le muscadet et le gros plan ont vu leur réputation grimper, les initiatives locales étaient bien peu nombreuses. Mais l’idée des passionnés de Saint-Suliac (Ille-et-Vilaine) de replanter de la vigne a finalement fait des émules et de petits vignobles ont été créés ici et là. Peut-on envisager de voir la filière se développer ? C’est probable. A en croire, le climatologue Hervé Quenol, la Bretagne pourrait même se trouver un improbable allié :  le réchauffement climatique​.

Selon le directeur de recherches au CNRS au sein du laboratoire Littoral, environnement, télédétection et géomatique de l’université Rennes 2, « la Bretagne connaît un engouement assez incroyable » autour de la culture de la vigne. « Il y a pas mal d’incertitudes mais il n’y a aucune raison qu’on n’arrive pas à faire du vin en Bretagne ces prochaines décennies. Les conditions seront bien plus favorables qu’aujourd’hui », explique le scientifique.

La pluie pose « des problèmes de maladie pour la vigne »

Jusqu’ici porté par des amateurs, cet élan est partagé par quelques professionnels qui s’installent notamment dans le Morbihan avec l’ambition de faire du vin breton un commerce. Là où les températures sont les plus douces. « On observe une remontée vers le nord des zones de culture potentielle de la vigne. La vigne a besoin d’une somme de températures accumulées tout au long de sa croissance. Aujourd’hui, en Bretagne, on est au niveau des températures de l’Anjou d’il y a cinquante ans. A la station météorologique de Quimper [Finistère], on a une valeur [thermique] qui équivaut à ce qu’on avait à Angers dans les années 1970-1980 », témoigne le climatologue.

De quoi créer un climat idéal pour la vigne ? Ce n’est pas aussi simple. « On parle toujours de la température mais il y a encore beaucoup de précipitations notamment l’été, ce qui pose des problèmes de maladie pour la vigne », assure Hervé Quenol. Les observateurs n’ont pas noté d’évolution des précipitations dans la moitié nord de la France. D’autant que la nature des sols de la région est souvent plus adaptée au maraîchage. D’après l’association pour la reconnaissance des vins bretons, 90 vignobles seraient établis ou en projet dans la région.