Transition énergétique : Airbus se donne 15 ans pour développer l’avion à hydrogène

ENVIRONNEMENT Le président exécutif de la compagnie, Guillaume Faury, veut « être le premier constructeur à mettre en service un tel appareil en 2035 »

20 Minutes avec AFP

— 

Un airbus A380 (illustration).
Un airbus A380 (illustration). — Vladimir Gerdo/TASS/Sipa USA/SIP

L’heure est aux choix environnementaux, même pour la filière aéronautique. Le développement d’un avion décarboné à hydrogène constitue un « axe stratégique prioritaire » d’Airbus, a affirmé dimanche son président exécutif Guillaume Faury.

« Pas de rupture technologique majeure »

« Développer un avion décarboné ne nécessite pas de rupture technologique majeure », a estimé le patron de l’avionneur européen dans un entretien au Parisien. Il a par ailleurs rappelé qu’Airbus a déjà recours à la propulsion à hydrogène pour ses satellites et la fusée Ariane.

Le choix et la maturation des technologies prendront cinq ans puis deux pour celui des fournisseurs et sites industriels, selon lui. « Donc, la mise en programme est prévue aux environs de 2028. Notre ambition est d’être le premier constructeur à mettre en service un tel appareil en 2035 », a-t-il détaillé. Ce calendrier correspond à l’objectif d’un « avion neutre en carbone », lancé début juin par le gouvernement français, qui a prévu d’y consacrer 1,5 milliard d’euros d’ici à 2022 dans le cadre de son plan de soutien au secteur aéronautique mis à mal par la crise due au coronavirus.

Trois concepts d’avions

Airbus a préparé trois concepts, a expliqué Guillaume Faury. Le premier « est un avion de configuration classique pouvant aller jusqu’à 200 places avec un rayon d’action permettant de faire plus de 3.500 kilomètres ». Le réservoir, cylindrique, d’hydrogène liquide serait logé à l’intérieur du fuselage dans la partie arrière de l’appareil. « Le second sera un avion à hélice, pouvant embarquer environ 100 passagers, pour des trajets plus courts » tandis que « le troisième est plus disruptif », selon lui : il s’agit d’une « aile volante d’environ 200 places qui permet d’étudier une configuration complètement différente pour le stockage de l’hydrogène et la propulsion ».

Au-delà des développements techniques, le cadre réglementaire doit nécessairement évoluer d’ici là pour autoriser l’utilisation de l’hydrogène dans les avions commerciaux, a rappelé Guillaume Faury. « Il faudra également que les infrastructures dans les aéroports soient prêtes et que l’hydrogène vert soit disponible en grande quantité ».

L’hydrogène « vert » doit être produit par une électricité d’origine renouvelable. Il est cependant aujourd’hui beaucoup plus cher que l’hydrogène d’origine fossile, dont la production est très polluante.