Bretagne : Des géants de la nutrition animale s’allient pour contrer l’importation de soja étranger

AGRICULTURE En Bretagne, 95% des protéines végétales sont importées d'Amérique du sud

C.A. avec AFP

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Illustration d'un homme marchant dans un champ de lin, ici au nord de Rennes.
Illustration d'un homme marchant dans un champ de lin, ici au nord de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Il traverse l’océan Atlantique pour nourrir nos bêtes. Depuis des années, le recours massif au soja produit au Brésil et en Argentine est la cible de critiques. Peu vertueux sur le plan écologique, le système d’import rend en plus l’agriculture française dépendante des cours de marchés situés à des milliers de kilomètres de ses animaux. Risqué. En Bretagne, trois grands groupes viennent d’annoncer la création d’un groupement d’intérêt économique (GIE) afin de réduire leur dépendance protéique.

Eureden, groupe né de la fusion de Triskalia et du groupe D’Aucy, s’est allié à Valorex et Tromelin Nutrition, tous deux spécialistes de la nutrition animale pour « construire une filière de production végétale riche en protéines ». « Il y a une alternative à des achats de soja étranger », souligne Henri Tromelin, directeur général de Tromelin Nutrition.

La Bretagne hyper dépendante aux importations

Le groupement espère développer des cultures de protéagineux en Bretagne pour nourrir les animaux d’élevage. Actuellement, le soja, la féverole, les pois ou le lupin ne représentent que 0,6 % de la surface agricole bretonne. Le « grenier de la France » présente la particularité de dépendre à 95 % des importations de soja d’Amérique du Sud. Le chiffre est de 45 % au niveau national.

Pour mettre au point une filière « qui soit rentable et dont le modèle serait dupliqué à l’échelle du pays », le groupement va poser 225.000 euros par an sur la table en plus d’un investissement de départ de cinq millions d’euros pour l’achat de deux outils industriels. Une alliance qui va avoir du poids. Eureden emploie plus de 9.000 personnes, rassemble 20.000 agriculteurs et affichait un chiffre d’affaires de plus de trois milliards d’euros l’an dernier. L’entreprise Tromelin Nutrition emploie 110 personnes et Valorex 125 personnes.