Pour sauver la forêt française, il faudrait planter un arbre par habitant pendant 30 ans

DANS LA CANOPEE Au total, le rapport préconise d’investir 8,8 milliards d’euros sur 30 ans, soit en moyenne 300 millions d’euros par an

20 Minutes avec AFP

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Une forêt en France (image d'illustration).
Une forêt en France (image d'illustration). — RAPHAEL BLOCH/SIPA

Compter sur la régénération naturelle et… planter un arbre par habitant pour les 30 prochaines années. C’est l’une des propositions d’un rapport, rendu ce jeudi, et destiné à apporter des solutions au gouvernement pour protéger la forêt française.

Parmi les préconisations phares, la création d’un « fonds pour l’avenir de la forêt, abondé par le public et le privé, doté de 300 millions d’euros par an sur 30 ans », selon ce rapport remis par la députée du Nord Anne-Laure Cattelot (LREM) au ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. Ce fonds aurait pour mission de « reconstituer massivement les forêts sinistrées, anticiper, enrichir et adapter à l’aune de nos connaissances les peuplements vulnérables au changement climatique et créer de nouvelles forêts », indique ce rapport.

Reboiser friches et anciennes terres agricoles

La reconstitution de peuplements (ensembles d’espèces végétales qui vivent dans un même milieu biogéographique) sinistrés par la sécheresse et les maladies provoquées par cette dernière, comme la chalarose, un champignon qui touche les frênes du Pas-de-Calais, représente à elle seule 360.000 hectares, selon ce rapport.

Il faudrait compter par ailleurs 650.000 hectares de plantations « dans les peuplements les plus vulnérables », mais pas encore condamnés, selon ce rapport. Enfin, pour boiser les friches ou les terres abandonnées par l’agriculture, le rapport préconise de planter 750.000 hectares sur 30 ans.

Des besoins pour la construction

Au total, le besoin global est de « 8,8 milliards d’euros sur 30 ans, soit en moyenne 300 millions d’euros par an », conclut ce rapport. « Il s’agit d’hypothèses conservatrices », a souligné dans un entretien Anne-Laure Cattelot, qui a rédigé ce rapport avec un expert du ministère de l’Agriculture et un expert du ministère de la Transition écologique.

« Si on se retrouve avec un accroissement des besoins de ressources en bois dans la construction et d’un autre côté un dépérissement qui accélère la perte de la ressource bois et de ce super puits de carbone, on se retrouve le bec dans l’eau, c’est pour ça qu’il faut investir dans la forêt », a-t-elle déclaré. Elle a salué l’enveloppe de 150 millions d’euros pour le reboisement, annoncée récemment par le ministre de l’Agriculture dans le cadre du plan de relance de l’économie française : « c’est déjà un très beau montant, il va falloir lancer un dispositif et que les forestiers s’en emparent », a-t-elle appuyé. La France compte près de 17 millions d’hectares de forêts, soit environ un tiers de la métropole.