Morbihan : Le zoo repris par l’association Rewild dans le collimateur des autorités

ANIMAUX Après une mise en demeure début septembre, le parc zoologique de Pont-Scorff (Morbihan) a désormais interdiction de recevoir du public

Jérôme Gicquel

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Les équipes de Rewild aux côtés du rhinocéros Jacod, décédé le 31 décembre.
Les équipes de Rewild aux côtés du rhinocéros Jacod, décédé le 31 décembre. — DAMIEN MEYER / AFP
  • La gestion du parc zoologique de Pont-Scorff, racheté en décembre par l’association Rewild, vient d’être épinglée dans un rapport.
  • La préfecture du Morbihan a pris un arrêté de mise en demeure à l’encontre de l’association qui a également interdiction de recevoir du public sur son site.
  • L’association Rewild estime que les accusations dont elle fait l’objet sont « mensongères et fantaisistes ».

Le projet partait sur de bonnes bases. Grâce à la mobilisation de personnalités comme Hugo Clément, l’association Rewild avait réussi à récolter près de 700.000 euros pour racheter en décembre le zoo de Pont-Scorff dans le Morbihan. Il s’agissait alors de transformer le parc zoologique en « centre de réhabilitation pour accueillir des animaux issus du trafic avant de les réintroduire dans leur milieu naturel ». Mais neuf mois plus tard, l’aventure prend une tout autre tournure. Dans un courrier en date du 2 septembre, l’association Rewild s’est ainsi vu notifier une mise en demeure de la part de la préfecture du Morbihan.

Les autorités s’appuient sur un rapport de la direction départementale de la protection des populations qui fait état de nombreuses irrégularités. Le document pointe notamment « l’absence de capacitaire permanent pour l’ensemble des espèces animales présentes ». Certaines sont d’ailleurs « identifiées comme dangereuses par la réglementation » et « nécessitent un encadrement et un suivi adaptés », souligne le rapport.

Les conditions de santé et d’hygiène des animaux dans le zoo sont également dénoncées dans le document qui évoque l’absence de registre vétérinaire ou la présence de « médicaments périmés depuis plus de deux ans » dans la pharmacie. Près de 2.500 kilos de cadavres ont par ailleurs été collectés par l’équarrisseur « sans que l’exploitant ait documenté et recherché les causes possibles de cette mortalité ».

L’association rejette la faute sur l’ancien propriétaire

Dans une vidéo publiée sur Facebook, l’association a réagi en début de semaine aux accusations « mensongères et fantaisistes » dont elle fait l’objet selon elle. Sur les cadavres d’animaux, l’association rejette la faute sur les anciens propriétaires. « Quand nous sommes arrivés, les congélateurs étaient déjà plein de cadavres, explique Jérôme Pensu, directeur du parc. Et une semaine après notre arrivée, le rhinocéros Jacob est mort et il pèse à lui 1.500 kilos ».

L’association justifie par ailleurs « l’absence de capacitaire permanent » par la singularité du zoo « qui n’est plus ouvert au public pour la partie animalière » et qu’elle n’a donc aucune obligation en la matière. L’association précise enfin qu’elle va engager des poursuites judiciaires à l’encontre du directeur des services vétérinaires pour « dénonciation calomnieuse ».

Le zoo ne pourra recevoir du public jusqu’à nouvel ordre

L’affaire ne s’arrête pas là puisque la préfecture du Morbihan a pris le 11 septembre un nouvel arrêté « portant interdiction de l’activité de présentation au public du zoo ». « Malgré cette interdiction de recevoir du public, les services de la direction départementale de la protection des populations ont été informés de la présence d’enfants le mardi 15 septembre pour une visite du zoo », indique ce jeudi matin la préfecture dans un communiqué.

« Le fait que le zoo de Pont-Scorff ait pu être financé par des dons et porté par une association ne peut conduire l’administration à exonérer la structure porteuse de toutes règles notamment lorsqu’il s’agit de santé et de bien-être animal et comme, dans le cas d’hier, de la sécurité du public », poursuit la préfecture, qui annonce que des mesures seront prises « pour faire respecter l’interdiction d’accueil du public sur le site ».