Nantes : Le combat s'organise contre l'abattage de 16 arbres de la Chaussée des moines à Vertou

JUSTICE En attendant que le tribunal ne se penche sur le sort des arbres de la Chaussée des moines, à Vertou, la résistance sur place s'organise

Julie Urbach

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Le 15 septembre 2020, Des riverains s'opposent à l'abattage d'arbres à Vertou
Le 15 septembre 2020, Des riverains s'opposent à l'abattage d'arbres à Vertou — J. Urbach/ 20 Minutes
  • A Vertou, la colère monte au sujet de l'abattage de 16 arbres, dans le cadre d'un grand projet de réhabilitation des bords de Sèvre.
  • Les opposants, qui occupent les lieux et ont lancé une pétition, ont porté l'affaire en justice.

Les tronçonneurs qui se tiennent prêts à intervenir quai de la Chaussée des moines à Vertou devront-ils rebrousser chemin ? C’est la question à laquelle s’apprête à répondre le tribunal administratif de Nantes. Mercredi prochain [l'audience prévue jeudi a été reportée], le juge doit se pencher sur le sort de 16 arbres destinés à être abattus dans le cadre d' un grand projet de réhabilitation de ce site de promenade, situé en bord de Sèvre, bien connu des habitants de l’agglo nantaise. Opposés à cette opération, une dizaine de riverains ont déposé un recours en référé dans le but de les « sauver ».

En attendant, sur place, la résistance s’organise. « A l’heure du réchauffement climatique, détruire des arbres de cette qualité nous paraît incompréhensible, peste Cathy Turgis, une riveraine. C’est un écrin de verdure qui va être minéralisé. Ce que redoutent énormément de Vertaviens. » Sur le quai, derrière les grilles du chantier qui devait commencer la semaine dernière, ils seraient une cinquantaine d’opposants à se relayer jour et nuit. Des pancartes et du mobilier de camping ont été disposés autour de la vingtaine de marronniers et de chênes des marais, désormais décorés d’un bout de tissu jaune. Un combat également politique puisque la cause a notamment reçu le soutien d’Europe Ecologie Les Verts et de certains élus d’opposition.

Le 15 septembre 2020, Des riverains s'opposent à l'abattage d'arbres à Vertou
Le 15 septembre 2020, Des riverains s'opposent à l'abattage d'arbres à Vertou - J. Urbach/ 20 Minutes

Restaurer la berge

Une pétition, proposée à tous les passants et curieux qui s’approchent, aurait déjà récolté plus de 7.000 signatures. Il faut dire que selon les opposants, l’abattage de ces arbres n’aurait jamais été évoqué lors de la consultation autour de ce projet, organisée en 2016. « Les riverains ont été d’autant plus choqués que cela n’avait jamais été mis à la discussion, affirme Me Pierre Lefevre, l’avocat qui les défend. Il faut en plus savoir que le Code de l’environnement interdit l’abattage de ce type d’alignement d’arbres sauf s’ils sont malades ou qu’ils constituent un risque. Ce n’est pas le cas ici, puisqu’on est dans une opération de réaménagement, sans aucun critère sanitaire. »

De son côté, la mairie de Vertou (LR) réaffirme « la nécessité de consolider et de restaurer cette berge ». « L’objectif est ensuite de donner davantage de place aux piétons, d’améliorer le confort et l’accessibilité mais aussi la qualité environnementale de ce site, qui a un réel besoin d’entretien, promet Philippe Schwartz, directeur général adjoint « Territoires et paysages » à la mairie de Vertou. Onze des arbres concernés datent de 1991. Nous replanterons des essences locales et restaurerons un talus végétal. » Selon la mairie, seul l’un des marronniers, plantés dans les années 1950, serait malade. Les autres présentent cependant « de nombreuses dégradations liées aux anciennes coupes », justifie  le site Internet de la ville.

« Entendre l’émotion »

« Serein » quant à la décision du tribunal, Philippe Schwartz dit toutefois « entendre l’émotion » et promet de fournir « de nouvelles explications » sur ce projet, mené avec Nantes métropole et le département et programmé jusqu’en 2022 en théorie.

Les riverains, quant à eux, espèrent que les arbres pourront rester en place au moins jusqu’à une deuxième audience, qui doit juger l’affaire sur le fond, mais pas avant plusieurs mois, voire années.