Nice : La lutte contre les filets fantômes s'organise

MER Un filet de pêche de 2.000 m2 abandonné au tombant de la Vierge, à Rauba Capeu, vient d’être évacué mais il en resterait au moins trois autres sur le littoral de Nice

Michel Bernouin

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L'association Depth's Guards a mobilisé deux bateaux et douze plongeurs ce samedi au pied de la colline du Château de Nice
L'association Depth's Guards a mobilisé deux bateaux et douze plongeurs ce samedi au pied de la colline du Château de Nice — Depth's Guards
  • Des plongeurs bénévoles ont retiré un nouveau filet abandonné à quelques encablures des plages du quai des Etats-Unis à Nice.
  • La Métropole envisage une série de mesures pour tenter d’en finir avec cette pollution.

Au pied de la colline du Château de Nice, quelques mètres sous la surface de l’eau, une statuette de la Vierge Marie bien connue des plongeurs. Le site n’est pourtant pas immaculé. Un filet de pêche de 400 m de long gît le long du tombant, entre 8 et 50 m de profondeur.

Perdu ou abandonné par un pêcheur professionnel, il continue de piéger inutilement les poissons. Alors, il y a quelques jours, 12 plongeurs bénévoles de l’association Depth’s Guards se sont jetés à l’eau. Et ils y sont restés des heures pour découper et évacuer jusqu’à la surface ce déchet mortel.

« C’est un site que nous avions déjà nettoyé il y a un an, et début août nous avons découvert qu’il y avait de nouveau un filet abandonné » observe Manuel Dietrich, le directeur de l’association.

Au moins trois autres filets fantômes à Nice

« Deux équipes de plongeurs sont descendues à plus de 45 m pour décrocher le filet. A cette profondeur, on ne peut rester que 30 minutes puis effectuer des paliers de décompression et rester ensuite quatre heures au repos à la surface. Ça nous a pris toute la journée pour enlever 2.000 m2, et nous devrons y retourner pour retirer un dernier morceau ».

La plus grande partie du filet a pu être remontée à la surface
La plus grande partie du filet a pu être remontée à la surface - Depth's Guards

Encore accroché au filet, les « gardiens des profondeurs » ont découvert le fanion distinctif du propriétaire. « Un pêcheur qui perd son filet a l’obligation de le signaler à sa prud’homie, ce qui n’a manifestement pas été le cas », déplore Manuel Dietrich. Alors, ce militant a contacté la Direction départementale des territoires et de la mer dans l’espoir qu’elle retrouve et rappelle à l’ordre le fautif.

« Ce n’est pas un cas isolé. Il y a au moins trois autres filets fantômes sur les côtes de Nice : un d’une centaine de mètres au cap de Nice dans lequel nous avons trouvé et libéré un jeune mérou, un autre au tombant de Maeterlinck, un à la pointe des Sans-culotte collé contre le tombant, où le mouillage d’engins de pêche est pourtant interdit ! »

« Une atteinte grave à la biodiversité »

« C’est une atteinte grave à la biodiversité », reconnaît Richard Chemla, vice-président de la Métropole Nice Côte d’Azur en charge de la « transition écologique », même si les pertes de filets sont relativement rares et les pêcheurs locaux sérieux. A Nice, il n’y a qu’un qui a un mauvais comportement ».

La Métropole travaille sur un plan de protection de la biodiversité marine qui pourrait aboutir à la définition de zones de pêche sécurisées et au marquage systématique des filets, pour en identifier les propriétaires en cas de perte ou d’abandon.