Rennes : La pollution aux particules fines va être mesurée aux abords de la rocade

POLLUTION L’institut AirBreizh commence cette semaine une campagne destinée à évaluer la part du trafic routier dans les émissions

Camille Allain

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Illustration de la rocade de Rennes, ici depuis la porte d'Angers.
Illustration de la rocade de Rennes, ici depuis la porte d'Angers. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Quatre ans après une grande étude sur la réduction de la vitesse sur la rocade, Rennes va de nouveau scruter sa pollution aux abords de son périphérique. C’est l’institut AirBreizh, chargé de surveiller la qualité de l’air en Bretagne, qui vient de l’annoncer. Contrairement à 2016, ce sont avant tout les particules fines qui seront cette fois surveillées de près. Les premières analyses de ces résultats seront connues au printemps 2021.

L’abandon de la limitation à 70 km/h sur la rocade rennaise avait fait grand bruit en 2016. Fâchés de devoir lever le pied, les automobilistes avaient applaudi la décision d’uniformiser la vitesse à 90 km/h sur la quatre voies encerclant la capitale bretonne. Car si l’abaissement de la vitesse de 110 à 90 km/h sur la partie Est et Nord avait permis de réduire les émissions de dioxyde d’azote de 30 à 40 %, l’effet s’était révélé neutre, voire négatif sur les parties limitées à 70 km/h.

L’espérance de vie réduite de deux ans en vingt ans

Des voix s’étaient alors élevées pour critiquer l’absence d’étude de l’impact sur les particules fines. Diffusées par le chauffage, notamment au bois, les véhicules diesel et par l’agriculture, ces particules s’invitent dans nos poumons et peuvent provoquer d’importants dégâts sur les voies respiratoires. D’après l’université de Chicago, l’espérance de vie a été réduite de deux ans dans le monde à cause de cette pollution. Menée en été, l’étude d’impact pilotée par AirBreizh n’avait pas permis d’extraire des données cohérentes à Rennes.

Cette nouvelle étude devrait permettre de « déterminer la part du trafic routier dans les concentrations en particules mesurées aux abords des axes routiers » mais aussi d’évaluer « leur distance d’influence » aux abords de ces axes, selon AirBreizh. Financée par la DREAL et Rennes Métropole, cette enquête commence cette semaine et durera un mois. La période de septembre a été retenue en raison du faible recours au chauffage, qui évitera de biaiser les données. Des analyses en continu et des microcapteurs ont été installés entre la porte de Nantes et la porte de Saint-Nazaire. Les résultats sont espérés au printemps.