Nantes : Composter ses déchets en ville n'a jamais été aussi facile

RECYCLAGE Plusieurs initiatives pour aider les citadins à se mettre au compostage de leurs déchets alimentaires se sont lancées ces derniers temps à Nantes

Julie Urbach

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La Tricyclerie s'intéresse aussi aux biodéchets des particuliers. L'association a ouvert un premier point relais quartier des Olivettes
La Tricyclerie s'intéresse aussi aux biodéchets des particuliers. L'association a ouvert un premier point relais quartier des Olivettes — La Tricyclerie
  • Au moins deux acteurs se sont récemment lancés dans la collecte de déchets auprès des familles nantaises.
  • En parallèle, le réseau de composteurs collectifs se développe à vitesse grand V tandis que la mairie s’empare également du sujet.

Ils occupent environ un tiers de nos poubelles. Mais que faire de ses épluchures de fruits et légumes, fleurs fanées ou autres déchets verts quand on habite en appartement ? Cette question, Camille Marhadour-Savary l’a beaucoup entendue. Pour tenter de les sauver de l’incinération et leur donner une nouvelle vie, la Nantaise vient de lancer Ouivalo, un système qui permet aux particuliers de se débarrasser à prix libre de leurs biodéchets dans des points de collecte (il y en a trois pour l’instant à Nantes, deux nouveaux vont bientôt ouvrir) ou des magasins partenaires.

« L’objectif est que la démarche soit facile, intégrée dans ses trajets quotidiens, explique l’entrepreneuse de 26 ans. Il suffit de venir avec son seau et de jeter son contenu dans le bac prévu. On peut aussi échanger son seau plein contre un vide ». L’équipe vient ensuite régulièrement les récupérer pour les acheminer chez Compost in Situ, une entreprise locale qui les revalorise.

« Beaucoup de demandes »

Un exemple parmi d’autres initiatives de compostage qui se lancent en ville ou prennent de l’ampleur ces derniers temps. Sur le même principe que Ouivalo, la Tricyclerie a elle aussi décidé de s’ouvrir aux particuliers. Cet été, l’association qui ne s’adressait jusqu’alors qu’aux restaurateurs a installé un petit cabanon fermé à clé, quartier des Olivettes, que les abonnés (de 8 à 15 euros par mois en fonction du volume choisi) peuvent venir remplir d’épluchures.

« On avait beaucoup de demandes, et le confinement a encore accéléré les choses, assure Margaux Bourrigault, en charge du projet. Le bilan est positif puisqu’en quelques semaines, on a déjà collecté environ 100 kg grâce à une vingtaine de foyers. L’objectif est d’ouvrir six ou huit autres points d’ici à la fin de l’année, pour couvrir les différents quartiers nantais. » Contrairement à Ouivalo, la Tricyclerie produit son propre terreau, grâce aux sept tonnes de déchets alimentaires qu’elle récupère en moyenne à vélo tous les mois.

Des solutions pour tous en 2023

Des services simples qui devraient motiver de plus en plus de Nantais à franchir le pas du compostage, même si des milliers de foyers avaient déjà commencé. En témoigne l’impressionnant maillage de composteurs collectifs (dans des jardins publics ou cours d’immeubles par exemple) installés à l’aide de l’ association Compostri, qui ne cesse de s’étoffer. D’ici à la fin de l’année, le réseau comptera 300 composteurs partout en ville, alimentés par quelque 6.000 foyers de la métropole qui se retrouvent en général une fois par semaine pour l’entretenir.

La mairie de Nantes s’empare aussi du sujet, alors que les collectivités territoriales auront l’obligation de proposer à tous les habitants, d’ici à 2023, des solutions pour recycler leurs biodéchets. Dans cette optique, la ville a relancé il y a quelques jours  une expérimentation commencée l’an dernier avec 1.500 foyers de Nantes Nord. Treize points de collecte ont été installés dans le quartier, complétés par un service de porte à porte.

« Au-delà des chiffres (600 kg de déchets alimentaires par semaine), les gestes de tri sont plutôt très bien suivis grâce à toute la pédagogie que l’on fait avec les habitants », se félicite Mahel Coppey, conseillère municipale (EELV) aux déchets, à l’économie circulaire et à l’innovation sociale. Et à l’autre bout de la chaîne, des maraîchers de La Chapelle-sur-Erdre sont associés. « Même à une plus grande échelle, il faudra veiller à garder une boucle de proximité », insiste l’élue.