ZAD du Carnet : Le président de la Loire-Atlantique demande « des précisions », EELV veut l’abandon du projet

PORT Le projet portuaire sur le site du Carnet, contre lequel s'est installé une ZAD, suscite les interrogations de certains

J.U.

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Peu fréquenté par l'homme, le site du Carnet accueille seulement une éolienne prototype depuis 2012. Elle sera bientôt démontée.
Peu fréquenté par l'homme, le site du Carnet accueille seulement une éolienne prototype depuis 2012. Elle sera bientôt démontée. — Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire
  • Le Grand port maritime Nantes Saint-Nazaire prévoit de s’étendre en aménageant une base logistique sur le site naturel du Carnet.
  • Le président du conseil départemental de Loire-Atlantique, favorable à ce projet, le juge cependant « pas assez précis ».

 

C’est un projet qui fait beaucoup parler depuis quelques jours. Et notamment depuis qu’une nouvelle ZAD s’est installée sur les lieux pour empêcher son bon déroulement. Le projet du Grand port maritime Nantes Saint-Nazaire, qui prévoit notamment d’aménager une base logistique sur le site naturel du Carnet (Loire-Atlantique) et d’y installer des entreprises dans le domaine des « éco-technologies », ne convainc pas non plus complètement la classe politique.

Ce lundi, le président du conseil départemental (PS) Philippe Grosvalet a demandé « des éclairages complémentaires ». « C’est un projet qui me semble vertueux, qui participera au développement du port et au rééquilibrage économique du nord et du sud Loire, estime-t-il. Artificialiser cet espace pour ce développement, je dis ok, sauf qu’il faut une vision à long terme. En dehors du projet stratégique, les choses ne sont pas assez précises. Je veux par exemple la garantie que ce site soit exclusivement dédié aux énergies renouvelables. »

« Il n’y a pas lieu de réaliser ces travaux »

En fin de semaine dernière, EELV et ses élus sont montés au créneau demandant au port de « stopper son projet d’extension ». « Le projet du Carnet est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Sous couvert d’installation d’entreprises éco-technologiques, dont aucun projet concret n’existe à ce jour – malgré les recherches du GPM en ce sens depuis 3 ans –, le Grand Port Maritime s’apprête à remblayer et bétonner 110 hectares de zones naturelles, dont une partie de zones humides et submersibles. Dans le contexte actuel de crise climatique et d’extinction de la biodiversité, il n’y a pas lieu de réaliser ces travaux. », indique le communiqué.

Invitée de France Bleu Loire Océan ce lundi matin, la présidente de la région Pays-de-la-Loire Christelle Morançais, qui défend le projet, a promis « de la pédagogie ». « Nous ne pouvons tolérer qu’une nouvelle zone de non-droit s’installe dans la région », a-t-elle cependant prévenu.