Selon une étude, la peur du vol et le manque de stationnement freine l’essor du vélo

A BICYCLETTE Dans les grandes villes française, l'essor du vélo, démultiplié par les grèves et le coronavirus, est limité par la peur de se le faire voler

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la piste cyclable rue de Rivoli à Paris.
Illustration de la piste cyclable rue de Rivoli à Paris. — Xavier Francolon/SIPA

En plein essor et encouragé par les politiques publiques, l’usage du vélo reste freiné dans les grandes agglomérations françaises par la peur du vol et l’absence de solutions de stationnement sécurisé, selon une étude* du bureau de recherche 6t publiée ce jeudi.

Un tiers des cyclistes se sont déjà fait voler leur vélo

Plus d’un tiers des cyclistes équipés se sont déjà fait voler leur bicyclette au moins une fois, selon cette étude réalisée auprès d’adultes résidant au sein d’une agglomération de plus de 200.000 habitants. Pour 8 % des victimes, l’incident a provoqué l’abandon de la pratique du vélo. En outre, 46 % des cyclistes déclarent qu’il leur arrive de renoncer à utiliser ce mode de transport par crainte du vol, une proportion qui atteint 60 % chez ceux en ayant déjà été victimes.

Parmi les personnes qui renoncent à utiliser le vélo pour un déplacement, 81 % citent le fait de devoir le laisser stationné dehors la nuit, même pour quelques heures en soirée, souligne le cabinet de recherche.

Le problème de l’absence de stationnement

Quelque 77 % des personnes non équipées indiquent ne pas avoir l’intention d’acquérir un vélo. Parmi elles, plus d’une sur cinq cite l’absence de stationnement à domicile comme un motif important, et 14 % la crainte du vol.

Néanmoins, si elles disposaient d’un espace de stationnement sécurisé dans l’espace public, 10 % des personnes ne possédant pas de vélo affirment qu’elles en achèteraient un et 4 % qu’elles en répareraient un. Selon 6t, « rapporté à la population des grandes agglomérations françaises, cela représente près d’un million de vélos supplémentaires ».

Même s’il reste très minoritaire dans les déplacements, l’usage du vélo s’est nettement développé en France ces derniers mois avec les grèves de l’hiver, puis sous l’effet de l’épidémie de Covid-19 qui a accru la défiance envers les transports en commun.

Les politiques publiques ont encouragé ce mouvement en mettant l’accent sur les pistes cyclables ainsi que les aides à l’achat, et le sujet s’est imposé dans la campagne des dernières élections municipales.

* L’enquête de 6t («Le développement du vélo et de la trottinette dans les grandes villes françaises : une tendance confrontée au stationnement dans l’espace public ») s’appuie sur plus de 4.000 réponses à un questionnaire en ligne diffusé du 4 au 20 juin auprès d’un échantillon représentatif de la population des grandes villes.