Ille-et-Vilaine : Veolia au tribunal pour avoir pollué une rivière

ENVIRONNEMENT Du lait de chaux provenant de l’usine d’eau potable s’était déversé dans le cours d’eau

Camille Allain

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Le logo de Veolia
Le logo de Veolia — ERIC PIERMONT / AFP

C’était un matin de novembre, en 2017. Le patron de la Gaule Vitréenne, une importante association de pêcheurs d’Ille-et-Vilaine, venait d’être alerté de la mort soudaine de centaines de poissons dans la Valière, un cours d’eau affluent de la Vilaine. Sur trois kilomètres, tout le milieu aquatique avait été ravagé. Assez vite, les investigations avaient mené à l’usine de production d’eau potable de la Billerie, alors gérée par Veolia pour le compte du syndicat mixte des Eaux de la Valière (Symeval). Un trop-plein de lait de chaux servant à traiter l’eau avait empêché les bassins de lavage de jouer leur rôle. Un capteur aurait dû alerter l’exploitant mais ce dernier s’était montré défaillant.

Un peu moins de trois ans après les faits, la société Veolia devra s’expliquer face au tribunal correctionnel de Rennes. Une audience en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) se tiendra ce jeudi à la cité judiciaire. « Tout était mort. Les anguilles, les brochets, les carpes, les tanches… », se souvient Daniel Gandon. Le président de la Gaule Vitréenne espère que Veolia « reconnaîtra ses responsabilités » et présentera les travaux qu’elle avait promis de mener après l’accident. « On nous avait promis des investissements. Tout ce que l’on demande, c’est que ça ne se reproduise pas ». Contactée, la société n’a pas donné suite à notre sollicitation.

« On pensait qu’on allait nous tuer la rivière »

Depuis cet accident, la Valière a de nouveau été touchée par un grave épisode de pollution. En 2018, 15.000 litres de crème fraîche s’étaient déversés dans le cours d’eau. Les enquêteurs penchaient alors pour un acte de vandalisme. Des individus avaient vraisemblablement ouvert le bouchon d’un camion-citerne garé tout près de là. « Ça me désole. On pensait qu’on allait nous tuer la rivière », regrette Daniel Gandon. Depuis, son association a effectué plusieurs lâchers de poissons afin que le milieu aquatique se régénère.