Lyon : Le Rhône connaît-il une sécheresse sans précédent ?

CLIMAT 2020 est la quatrième année consécutive de sécheresse dans le département, qui connaît depuis le début de l’année un déficit de pluie important

Caroline Girardon

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Le département du Rhône connaît depuis dix ans des épisodes de sécheresse de plus en plus répétés.
Le département du Rhône connaît depuis dix ans des épisodes de sécheresse de plus en plus répétés. — J.P Ksiazek / AFP
  • Nappes phréatiques au plus bas, déficit de pluie, le Rhône traverse actuellement une période de sécheresse qualifiée d’extrême.
  • Les années se suivent et se répètent : les sécheresses sont de plus en plus fréquentes dans le département depuis vingt ans.

Les années se suivent et se ressemblent. Le département du Rhône traverse actuellement une période de «  sécheresse extrême ». En attestent les pelouses grillées par le soleil, voire l’absence d’herbe dans des zones pourtant fournies. Selon le site Info Sécheresse, qui compile les données (pluviométrie, niveaux des cours d’eau et des nappes) de chaque département, le Rhône s’est retrouvé plusieurs semaines de suite cet été dans une situation que l’on pourrait presque qualifier d’historique. Comprenez que l’on parle d’un épisode pouvant intervenir « tous les 50 ans ».

Rien d’étonnant à cela. L’année 2020 se révèle pour l’instant l’une des moins pluvieuses. « Il est tombé à ce jour 352,22 millimètres de précipitations (chiffre du 28 août) », indique la préfecture du Rhône. Ce qui laisse présager d’une année record à moins d’avoir un automne particulièrement humide. A titre de comparaison, il était tombé 856 mm de pluie en 2019, 862 en 2018, 652 en 2017, 900 mm en 2016. Des années de sécheresse également.

Le niveau des nappes phréatique en baisse depuis six ans

Conséquence du manque de pluie répété, le niveau des nappes phréatiques et cours d’eau est particulièrement bas. D’autant que la situation ne date pas d’hier. « On observe globalement une tendance à la baisse depuis 2014 », explique-t-on du côté de la préfecture du Rhône. Chaque année depuis six ans, « les niveaux des eaux superficielles et souterraines ne sont pas suffisamment rechargés pendant les périodes hivernales. Ce qui accroît les tensions sur l’ensemble des masses d’eau dès le printemps », développe-t-on. Et de poursuivre : « L’augmentation des phénomènes de canicule avec des conséquences sur l’assèchement des sols, l’augmentation de l’évapotranspiration et des besoins accrus en eau ne viennent que renforcer le phénomène de sécheresse ». Des sécheresses qui se répètent inlassablement.

Si des épisodes marquants ont été enregistrés dans les années 70, 80 et 90 (1976, 1983, 1986,1989, 1997), « force est de constater que leur fréquence est relativement importante depuis le début des années 2000 », observe un spécialiste. Pas moins de 10 ans en 20 ans. 2003, année de la canicule, aura bien évidemment marqué les esprits. Mais la tendance s’est accélérée ensuite. Depuis 2017, le Rhône connaît une sécheresse sans continu. De là à y avoir une situation irrémédiable ?

« Non, si une véritable politique d’économie de la ressource, d’adaptation des filières agricoles et industrielles à une ressource de plus en plus rare est mise en place », répond-on. Le préfet de Région a, par exemple, initié en 2019 une désaisonnalisation de la gestion de la sécheresse en mettant en place un comité départemental de gestion de l’eau chargé d’œuvrer à une gestion structurelle de la ressource en eau. « Il faut espérer des précipitations pendant la période hivernale et une adhésion de l’ensemble des citoyens et des acteurs économiques à économiser et préserver les ressources en eau », conclut-on dans les services de la préfecture.