Chasse, néonicotinoïdes, convention citoyenne: Des ONG déplorent une rentrée sous le signe de régressions environnementales

ENVIRONNEMENT La LPO, la FNE et les Amis de la Terre ont boycotté ce mardi plusieurs réunions environnementales au ministère de la Transition écologique pour dénoncer de nombreuses régressions environnementales ces derniers temps

20 Minutes avec AFP

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Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, ici aux cotés du Premier ministre Jean Castex, le 22 août 2020.
Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, ici aux cotés du Premier ministre Jean Castex, le 22 août 2020. — AFP

La LPO (Ligue de protection des oiseaux), la FNE (France Nature environnement) et les Amis de la Terre ont dénoncé mardi «un certain mépris» du gouvernement envers les ONG environnementales et des reculs en matière de protection de l'environnement, le dernier en date portant sur les dérogations à l' interdiction des néonicotinoïdes.

Ces trois associations ont décidé de ne pas assister mardi matin à une visioconférence du Conseil national de la transition écologique (CNTE), où le projet de loi portant sur ces dérogations a été présenté. Elles n'assisteront pas non plus l'après-midi à une rencontre avec des représentants de la Convention citoyenne pour le climat.

« Un détricotage systématique du droit de l'environnement »

«Si on boycotte aujourd'hui, c'est qu'il y a de plus en plus de régression en matière environnementale et que le grand public ne s'en rend pas forcément compte», a expliqué Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement (FNE), lors d'une conférence de presse.

«Le gouvernement est très fort dans la communication pour mettre en avant la moindre petite avancée, alors qu'en parallèle il y a tout un tas de destruction, de pollution qui se poursuivent. Pire que ça, il y a un détricotage systématique du droit de l'environnement», a-t-il reproché.

Les ONG ont déploré ne pas être suffisamment écoutées par le gouvernement. «Il y a un certain mépris à l'égard de la vie associative», a estimé Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, qui demande «davantage de dialogue». Le boycott de la réunion mardi est «une alerte à l'égard de l'Elysée», a-t-il poursuivi.

La crainte d’un affaiblissement des propositions de la Convention citoyenne

Ces ONG s'inquiètent aussi que les propositions de la Convention citoyenne, dont trois ont déjà été écartées par le président de la République Emmanuel Macron, soient affaiblies alors qu'elles doivent déboucher sur un projet de loi à l'automne.

«On craint qu'il y ait une tentative d'édulcoration et de réécriture des propositions et justement les ONG sont exclues de ce processus» contrairement aux parlementaires, aux collectivités et aux entreprises, a regretté Alma Dufour des Amis de la Terre.

WWF France a fait le choix d'assister à la réunion du CNTE mardi matin, avec d'autres ONG. WWF «est solidaire des ONG qui ont décidé de ne pas être autour de la table», tout en faisant le choix de «faire entendre notre voix», a expliqué à l'AFP Pierre Cannet.

«Il y a un appel au gouvernement de réinvestir ce champ de dialogue (le CNTE) avec les ONG», a-t-il ajouté.