Bretagne : Une plainte déposée contre l’État sur la pollution des eaux de baignade

ENVIRONNEMENT L’association Eau et Rivières de Bretagne estime que les autorités détournent la réglementation européenne

J.G. avec AFP

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Illustration d'une plage en Bretagne, ici à Bénodet, dans le Finistère.
Illustration d'une plage en Bretagne, ici à Bénodet, dans le Finistère. — C. Allain / 20 Minutes

L’association Eau et Rivières de Bretagne multiplient les actions ces derniers temps. Elle s’attaque cette fois à l’État, qu’elle accuse de « détourner » la réglementation européenne sur la qualité des eaux de baignade dans le Finistère, et a déposé plainte en ce sens le 21 août auprès de la Commission européenne.

Selon l’association, l’Etat doit analyser régulièrement la qualité des eaux de baignade mais « les pollutions accidentelles de moins de 72 heures peuvent être qualifiées de "pollution à court terme" et ne pas être prises en compte dans le classement des eaux de baignade dès lors que la cause est clairement identifiable et que des mesures sont prises pour que cela ne se reproduise pas ». Or les fermetures de plages dans l'ouest du Finistère « sont corrélées au paramètre pluviométrique », selon plusieurs associations bretonnes.

L’absence de prévention des pollutions pointée du doigt

« L’astuce pour l’État consiste à considérer la pluie comme un facteur de pollution et à accepter la fermeture des plages concernées comme une "pollution à court terme" sans qu’on cherche véritablement à résorber la cause de ces pollutions bactériologiques », poursuit Eau et rivières dans un communiqué, rappelant qu’il « ne pleut pas des bactéries » et que la pluie en pays d’Iroise « n’est pas une situation que l’on peut qualifier d’anormale ».

« En considérant les phénomènes de pluie comme des causes de pollution, l’État français détourne la réglementation européenne », ce qui fait que le public n’est « pas en mesure de connaître précisément l’état des eaux », dénonce l’association. Cette situation a pour conséquence l’absence de prévention des pollutions, notamment pour « obliger les activités polluantes à limiter les aspersions de bactéries fécales en amont des sites de baignade », souligne Eau et Rivières.

De plus, la qualité des eaux de baignade « augmente artificiellement », alors qu’elle s’accompagne paradoxalement « d’un taux élevé de fermetures préventives ». L’association cite l’exemple d’une plage bretonne fermée 36 % du temps de la période estivale entre 2015 et 2017.