Loire-Atlantique : Appel à la mobilisation contre un projet portuaire sur le site du Carnet

PORT Le Grand port maritime veut aménager une base logistique et y installer des entreprises dans le domaine des « éco-technologies »

Frédéric Brenon

— 

Peu fréquenté par l'homme, le site du Carnet accueille seulement une éolienne prototype depuis 2012. Elle sera bientôt démontée.
Peu fréquenté par l'homme, le site du Carnet accueille seulement une éolienne prototype depuis 2012. Elle sera bientôt démontée. — Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire
  • Le Carnet est un site de bord de Loire, entre Frossay et Saint-Viaud, à l’ouest de Nantes.
  • Le Grand port maritime veut l’aménager partiellement à des fins économiques.
  • Un collectif d'habitants, opposé au projet, organise une manifestation sur le site samedi et dimanche.

C’est une ancienne île de Loire, à cheval sur les communes de Frossay et de Saint-Viaud, entre Nantes et Saint-Brévin-les-Pins. Difficile d’accès, presque à l'état sauvage, le Carnet est pourtant connu du grand public pour avoir été au cœur d’un projet contesté de centrale nucléaire. Initié en 1982 par EDF, le projet avait été abandonné en 1997 après une lutte intense de la population locale et des écologistes.

Vingt-trois ans plus tard, un nouvel appel à mobilisation citoyenne a été lancé pour « défendre le site » contre un projet industriel. Pas de centrale au programme, cette fois, mais la volonté du Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire d’aménager une partie des lieux pour y accueillir une base logistique et des entreprises.

Un potentiel d’un millier d’emplois

L’idée, soutenue par l’Etat et les collectivités, est, d’une part, d’installer un imposant ponton (de 130 m, il appartenait à Airbus) permettant l’accostage de bateaux de marchandise. « J’ai des industriels du sud-Loire qui me disent qu’ils ont des difficultés à faire venir certaines grosses pièces en raison de l’obstacle de la Loire », justifie Olivier Trétout, directeur du Grand port maritime.

Il s’agit, d’autre part, de faciliter l’emménagement, sur une surface de 110 ha, d’entreprises innovantes œuvrant dans le domaine des « éco-technologies » (énergies renouvelables, mobilités douces…). « On est en discussion active avec plusieurs sociétés », indique Olivier Trétout, qui assure que les deux activités représentent un « potentiel d’un millier d’emplois directs ». La facture s’élève à neuf millions d’euros. Les travaux débuteraient en 2021.

« Bétonner, ça n’a plus de sens aujourd’hui »

« Ça va être un désastre. On ne laissera pas faire », prévient d’emblée le collectif Stop Carnet. Composé d’habitants du secteur et de naturalistes, il appelle à manifester au Carnet samedi et dimanche. « Ce site abrite plus de 110 espèces protégées, des zones humides précieuses. C’est aussi un couloir de migration pour les oiseaux. Bétonner ici, même avec des compensations, ça va à l’encontre des enjeux écologiques. Ça n’a plus de sens aujourd’hui », s’insurge Yoann, membre du collectif, lequel confie « étudier des recours en justice ».

De son côté, le port promet un « programme de restauration » pour 285 ha d’espaces naturels menacés par la baccharis, une plante invasive. Il se sait aussi soutenu par des associations environnementales comme la LPO ou France Nature Environnement​. « Ce projet va permettre de mettre en lumière le monde économique et la transition écologique. L’enjeu, c’est l’emploi. Ne nous trompons pas de combat », clame la présidente du conseil régional, Christelle Morançais, qui défend le projet. Elle conclut : « Ne renouvelons pas les erreurs du passé », en référence à l’abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Une éolienne géante

Depuis 2012, une partie du site du Carnet accueille une éolienne prototype. Construite par Alstom, elle mesure 176 m , ce qui en fait l'une des plus hautes du monde. Elle devrait être démontée prochainement.