Pyrénées : Un berger ariégeois chargé par une ourse sur son pâturage

COHABITATION La préfecture de l’Ariège a autorisé mardi une campagne d’effarouchement renforcé sur le pâturage concerné

H.M.

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L'estive d'Ourdouas, sur la commune de Sentein en Ariège, où l'incident a eu lieu.
L'estive d'Ourdouas, sur la commune de Sentein en Ariège, où l'incident a eu lieu. — Préfecture de l'Ariège
  • Un berger du Couserans ariégeois affirme avoir été chargé par une ourse vendredi à l’aube. La femelle en maraude sur le pâturage était accompagnée d’un ourson.
  • La préfecture a donné l’autorisation de l’effaroucher pour l’éloigner des troupeaux.

« L’abri d’urgence » de l’estive d’Ourdouas, dans les Pyrénées ariégeoises, n’a jamais aussi bien porté son nom. C’est là que vendredi 21 août, aux petites heures du matin, un berger s’est réfugié alors qu’une ourse le chargeait. Selon son récit, publié sur les réseaux sociaux par Bruno Saurat, le président de son groupement pastoral, le berger a perçu le plantigrade à 5h45 en sortant de sa cabane.

En braquant son projecteur sur l’animal, à environ 100 mètres de lui, l’éleveur s’est aperçu que cette femelle était accompagnée d’un ourson, ce qui peut expliquer son agressivité. Le berger a crié, ça ne l’a pas dissuadée de mener la charge.

La préfète sur place

Le berger a directement témoigné de sa mésaventure mardi devant Chantal Mauchet, la préfète de l’Ariège. La représentante de l’Etat a souhaité se rendre sur le pâturage, plutôt bonne élève en matière de protection des troupeaux puisque les éleveurs y mènent des regroupements nocturnes et recourent à des chiens de protection.

Pourtant, « depuis dix ans, nous avons fait constater des brebis prédatées par centaines, plusieurs bovins, déplore Bruno Saurat dans son communiqué. Nous avons perdu également plusieurs chiens de protection. Aujourd’hui, nous avons failli perdre un berger. Et nous ne constatons qu’une aggravation de la situation ».

La commune de Sentein, en Ariège.
La commune de Sentein, en Ariège. - Maps4News

Après cet incident et dans un contexte ariégeois tendu après la découverte d’un ours abattu au mois de juin, la préfète a autorisé une campagne « d’effarouchement renforcé au cours des deux prochains jours sur l’estive d’Ourdouas ». Cela signifie que des agents de l’Office français de la Biodiversité (OFB) vont tenter d’effrayer l’ourse pour l’éloigner du secteur, y compris en recourant, s’il le faut, à des tirs non létaux de balles en caoutchouc.

Prudence des pro-ours

Plutôt que l’effarouchement, les associations de défense de l’ours plaident pour la protection des troupeaux, « méthode éprouvée », notamment avec la présence de chiens « Montagne des Pyrénées (ou patou) ».

Férus et Adet-Pays de l’ours appellent par ailleurs « à la prudence quant aux circonstances et à l’interprétation » de cette charge. « Il y a quelques semaines déjà, la prétendue attaque d’une bergère médiatisée par les responsables agricoles opposés à l’ours s’était avérée très exagérée et il est regrettable que l’Etat laisse se propager de fausses informations sans rétablir la réalité des faits », insistent dans un communiqué commun les deux associations qui appellent de leurs vœux une enquête des spécialistes de l’Office français de la biodiversité.