La musaraigne-éléphant de Somalie, disparue depuis cinquante ans, refait surface

ANIMAUX En posant des pièges en Djibouti, une douzaine de « sengis » a été capturée

20 Minutes avec agences

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Une musaraigne-éléphant (ou sengi), redécouverte en 2019 et 2020 en Afrique de l'Est.
Une musaraigne-éléphant (ou sengi), redécouverte en 2019 et 2020 en Afrique de l'Est. — HotSpot Media/SIPA

On la croyait perdue mais elle est toujours là : après un demi-siècle d’absence, la musaraigne-éléphant de Somalie est réapparue. Le petit mammifère vivait en fait tranquillement loin des humains dans des zones rocailleuses de la Corne de l’Afrique, ont annoncé des chercheurs ce mardi.

Entre 1891 et 1973, des expéditions avaient collecté quelques dizaines de spécimens de cette espèce. Conservés dans des muséums d’histoire naturelle, ils étaient jusqu’alors les seules sources scientifiques d’information sur l’animal. Après 1973, plus rien. L’ONG Global Wildlife Conservation avait même inscrit le petit mammifère sur sa liste des « 25 espèces perdues les plus recherchées ».

Douze individus capturés

Début 2019, Galen Rathburn, spécialiste mondial de la musaraigne-éléphant, a installé avec d’autres chercheurs plus de 1.250 pièges dans 12 localités de Djibouti. Les scientifiques étaient persuadés qu’un sengi (une des espèces de musaraigne-éléphant) vit dans ce pays. Bingo : douze spécimens du mammifère au pelage brun, au long nez et aux yeux cerclés de blanc ont été récoltés.

« Quand nous avons ouvert le premier piège, et que Galen Rathburn a vu la mignonne petite queue avec une touffe au bout, il m’a dit : 'Je ne peux pas y croire, je n’en ai jamais vu un de ma vie !' », se souvient Steven Heritage, l’un des chercheurs. C’est donc officiel : « le sengi de Somalie existe encore », conclut l’étude, publiée ce mardi dans la revue PeerJ.

Espèce retrouvée, mais toujours en danger ?

L’équipe veut désormais organiser une nouvelle expédition en Djibouti pour en apprendre plus sur l’espèce. Le nombre d’individus n’a pas pu être estimé, mais les preuves de vie dans la zone frontalière de l’Ethiopie et de la Somalie « suggèrent fortement que le sengi de Somalie est un habitant des trois pays ». De plus, son habitat « n’est pas menacé par l’agriculture ou le développement humain » dans ces régions, précise Steven Heritage.

L’étude recommande à l’Union internationale pour la conservation de la nature de classer l’espèce dans la catégorie « préoccupation mineure » de sa liste rouge. Après la redécouverte ces dernières années du chevrotain à dos argenté au Vietnam ou de l’abeille géante de Wallace en Indonésie, il reste 20 espèces animales ou végétales sur la liste des 25 espèces les plus recherchées.