Seine-Maritime : Un arrêté prévoyant l’élimination de 1.430 renards contesté

JUSTICE C’est l’association de défense des animaux One Voice qui a déposé le recours contre cet arrêté, jugé « écologiquement aberrant » par les défenseurs de l'environnement

20 Minutes avec agences

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Des renards (illustration).
Des renards (illustration). — P.Cecil / Cover Images / SIPA

Un recours en référé a été déposé contre un arrêté préfectoral prévoyant l’élimination de 1.430 renards d’ici à 2021 en Seine-Maritime. Le tribunal administratif de Rouen examinera le recours mercredi après-midi.

Pris le 20 juillet, l’arrêté répond au besoin de « régulation des populations de renards » sur le département pour « limiter les dépréciations » de l’espèce sur le petit gibier, a indiqué le préfet. Il se base « notamment » sur un « dossier constitué par la fédération départementale des chasseurs ».

Une décision « honteuse » pour les écologistes

L’Etat a relevé une hausse « sensible » de la population de renards en Seine-Maritime. « L’indice kilométrique d’abondance est passé de 0,58 à 0,67 entre 2019 et aujourd’hui », indique la préfecture. L’arrêté évoque aussi la nécessité de limiter « le risque de propagation de maladies transmissibles […] véhiculées par le renard » et celle de « protéger les élevages avicoles ». Seuls 15 « lieutenants de louveterie » seront autorisés à procéder à l’élimination.

Le 28 juillet, Jean-Michel Bérégovoy (EELV), deuxième adjoint au maire PS de Rouen, avait dénoncé une décision « honteuse ». « Le renard a toute sa place dans notre écosystème et joue un rôle dans son équilibre », avait-il indiqué dans un communiqué. C’est One Voice qui a déposé le recours. L’association de défense animale conteste les méthodes de comptage de la préfecture et l’impact de ces campagnes de destruction.

Lors d’une consultation publique organisée du 29 mai au 19 juin, 2.468 personnes se sont prononcées contre le projet d’arrêté et 832 pour. En 2018, One Voice avait déjà obtenu l’annulation en référé de deux arrêtés similaires dans l’Eure et la Meurthe-et-Moselle. De son côté, France Nature Environnement (FNE) Normandie a condamné un arrêté « écologiquement aberrant », mettant en avant le rôle du rôle dans l’écosystème.