Ardennes : Une plainte déposée contre Nestlé après la mort par pollution de milliers de poissons

DÉSASTRE « Tout est mort sur une portion de 7 km et 30 mètres de large », déplore Michel Adam, le président de la Fédération de pêche du département

20 Minutes avec agences

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Le logo de Nestlé
Le logo de Nestlé — Fabrice Coffrini AFP

Le président de la Fédération de pêche des Ardennes, Michel Adam, a annoncé avoir porté plainte ce mercredi contre Nestlé après la pollution de l’Aisne, qui a entraîné la mort de milliers de poissons. Détectée dans la nuit de dimanche à ce lundi à hauteur de Challerange, à 50 km de Reims, la pollution de la rivière « a entraîné une très forte mortalité piscicole en raison de la diminution de la teneur en oxygène dans l’eau », a indiqué la préfecture des Ardennes.

« Nous venons de porter plainte contre Nestlé France pour pollution et infraction à l’article 432.2 du Code de l’Environnement », a déclaré Michel Adam, qui estime que le préjudice s’élève à « plusieurs milliers d’euros ». « Tout est mort sur une portion de 7 km et 30 mètres de large », a-t-il déploré. « On a déjà récupéré trois tonnes de poissons morts. Mais il y en a encore ; 14 espèces ont été touchées dont des espèces protégées comme l’anguille ou la lamproie ». « Cela fait 40 ans que je suis à la fédération, je n’ai jamais vu une pollution de cette ampleur… »

Des analyses de l’eau sont en cours

L’usine Nestlé de Challerange, qui fabrique du lait en poudre, a confirmé un « débordement ponctuel et involontaire d’effluents de boues biologiques, sans présence de produits chimiques » de sa station d’épuration, ce dimanche soir. « Dès connaissance du signalement dimanche à 23 h, nous avons immédiatement stoppé la production et mis un terme au déversement », a déclaré son directeur, Tony do Rio.

« Ce déversement a été ponctuel sur une durée inférieure à trois heures », a-t-il ajouté, précisant que l’activité de l’usine avait été « arrêtée pour quelques jours ». Depuis ce mardi, des pêcheurs bénévoles et des sapeurs-pompiers « procèdent à l’enlèvement des poissons et à leur évacuation », a indiqué la préfecture et « un barrage a été installé pour contenir la propagation de la pollution ». « Sur les deux derniers jours, plus de deux tonnes de poissons ont été retirées. Ce travail continuera » ce jeudi.

« Toutefois, aucune mortalité piscicole n’a été relevée mercredi […], signe d’une probable dilution de la nappe de pollution », a indiqué l’instance ce mercredi en fin de journée. Selon Daniel Drivière, président de la société de pêche de Challerange, « on a même trouvé des poissons morts de plus d’1,5 mètre de long. C’est une catastrophe. » Des analyses sont en cours, notamment pour déterminer d’éventuelles pollutions chimique et/ou bactériologiques.