Animaux : Les herbivores sont plus menacés d’extinction que les prédateurs, selon une étude

CHAÎNE ALIMENTAIRE L’habitat des herbivores serait bien plus sensible, notamment à l’apparition d’espèces invasives

20 Minutes avec agences
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Des tigres au Parc des Félins, à Nesles (Seine-et-Marne)
Des tigres au Parc des Félins, à Nesles (Seine-et-Marne) — Eric Simon / Parc des Félins

Les animaux herbivores courent un plus grand risque d’extinction que les prédateurs et les omnivores, selon une étude publiée ce mercredi dans la revue Science Advances. Le risque est particulièrement élevé pour les reptiles herbivores ( tortues) et les grands herbivores (éléphants).

Mais la tendance se vérifie quels que soient l’habitat et la classe des espèces. Selon l’étude, qui se base sur l’analyse de plus de 24.500 espèces vivantes et disparues, les prédateurs sont souvent perçus comme plus vulnérables, en raison de leurs territoires étendus et du rythme faible de croissance de leurs populations.

100 % des reptiles herbivores sont menacés

Or, « le niveau trophique et la taille sont des facteurs importants dans le risque d’extinction », expliquent les chercheurs. Le niveau trophique est le niveau des animaux dans la chaîne alimentaire, les prédateurs étant au sommet. « Il y a tellement de données publiées que parfois, il suffit que quelqu’un les organise », précise Trisha Atwood, autrice principale de l’étude.

Les données compilées s’intéressent à la fois au passé (il y a 11.000 ans), au récent (500 ans) et au présent, avec des conclusions similaires. Environ un quart des espèces herbivores étudiées ici sont aujourd’hui menacées d’extinction, selon le classement de l’Union internationale de protection de la nature (IUCN), et parmi elles 100 % des reptiles herbivores. Les herbivores sont aussi surreprésentés parmi les espèces éteintes.

Des exceptions existent : les espèces piscivores et les charognards courent eux aussi plus de risques. Et dans les océans, même les prédateurs sont très menacés. Pour expliquer le risque plus grand que courent les herbivores, les chercheurs citent une hypothèse. Les espèces invasives (rats, insectes ou plantes) affecteraient de manière disproportionnée les reptiles herbivores, par rapport aux omnivores et aux prédateurs.