Chine : Protéger les pandas ne suffit pas à protéger les grands carnivores qui partagent son habitat

FAUNE SAUVAGE Les léopards, panthères des neiges et autres loups ont besoin d’un « domaine vital » bien plus vaste que les pandas géants

20 Minutes avec agences

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Illustration: un panda géant.
Illustration: un panda géant. — : Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Le panda est un animal symbolique des espèces menacées. Mais il semblerait que le protéger ne freine pas le déclin d’autres grands mammifères qui partagent son habitat, selon une étude publiée ce lundi dans la revue Nature Ecology and Evolution.

Grâce aux nombreux efforts de conservation de la Chine, le panda géant a quitté en 2016 la catégorie des espèces « en danger » de disparition sur la liste rouge de l’Union pour la conservation de la nature (UICN). L’animal, qui reste « vulnérable », est considéré comme une espèce « parapluie » : sa protection entraîne celle de nombreux autres animaux et plantes moins connus du grand public.

Un territoire trop petit

Mais le parapluie ne fonctionnerait pas pour les grands carnivores qui partagent l’habitat du panda. Le léopard, la panthère des neiges, le loup et le dhole (ou « chien sauvage d’Asie ») ont quasiment disparu des zones protégées depuis les années 1960, selon l’étude qui se base sur des clichés pris entre 2008 et 2018 dans les montagnes du centre de la Chine.

Le léopard a perdu 81 % de son aire de répartition, la panthère des neiges 38 %, le loup 77 % et le dhole 95 %. Ces espèces ont besoin d’un « domaine vital » beaucoup plus grand que les pandas (parfois plus de 100 km²),. La fragmentation des zones protégées en petites réserves ne leur convient pas. Une seule « petite » réserve pour pandas est « largement insuffisante pour soutenir une population viable de grands carnivores », explique Sheng Li, coauteur de l’étude.

Une vue d’ensemble de la conservation

Les quatre grands carnivores sont également victimes de braconnage. Cet échec « n’efface pas le fait que le panda est une espèce parapluie efficace pour de nombreuses autres espèces », poursuit le chercheur chinois. Il faut toutefois en tirer une « leçon » pour les politiques de conservation. « Nos résultats appellent à passer d’une stratégie de conservation basée sur une espèce unique à une vision holistique de la gestion des écosystèmes », explique-t-il.

Les auteurs de l’étude espèrent que le projet de Parc national du panda géant, qui couvrirait les nombreuses réserves séparées existantes, puisse jouer ce rôle. « Même s’il porte le nom d’une seule espèce, le but de ce parc national est de protéger l’intégrité des écosystèmes », conclut Sheng Li.