La population de poissons migrateurs a baissé de 76 % depuis 1970

ANIMAUX La dégradation des habitats de ses poissons, la surpêche et la pollution sont en cause

20 Minutes avec agences

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Un saumon dans une rivière anglaise.
Un saumon dans une rivière anglaise. — Alec Jones/Shutterstock/SIPA

Les poissons migrateurs ont vu leur population diminuer en moyenne de 76 % entre 1970 et 2016. C’est ce qu’indique un rapport du WWF, l’UICN et de la World fish migration foundation publié mardi. En cause : la dégradation des habitats et la surpêche.

Le rapport se penche ainsi sur 247 espèces de poissons à travers le monde, vivant à la fois en eau douce et en eau salée. Il en ressort que leurs populations ont décliné en moyenne de 3 % par an, avec une chute particulièrement marquée sur la période en Europe (- 93 %), en Amérique centrale et dans les Caraïbes (- 84 %). Elle est moins marquée en Amérique du Nord (- 28 %). Les données pour l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et l’Amérique du Sud sont, elles, insuffisantes, souligne le rapport.

Des grands poissons particulièrement menacés

« La dégradation des habitats, leur modification et leur perte compte pour environ la moitié des menaces pesant sur les poissons migrateurs, tandis que la surexploitation compte pour environ un tiers », calcule le rapport. Près d’une espèce de poissons d’eau douce sur trois est menacée d’extinction, mais les poissons migrateurs le sont dans une proportion encore plus grande, souligne le document. Parmi eux, les grands poissons comme le beluga (une espèce de la famille des esturgeons) ou le poisson-chat géant du Mékong sont particulièrement vulnérables.

Les barrages, déversoirs et autres obstacles qu’ils rencontrent au cours de leur migration, nécessaire à leur alimentation et leur reproduction, sont l’un des principaux problèmes pour ces espèces.

Un « manque de cours d’eau libres »

Par ailleurs, le changement climatique va continuer à exacerber l’altération de leurs habitats, avertit le rapport. Ce à quoi s’ajoutent d’autres difficultés comme la prolifération d’espèces invasives, sans compter de nouvelles menaces telles la pollution par les microplastiques et la salinisation de systèmes d’eau douce. « De plus, comme les migrations sont cycliques et prévisibles, les poissons migrateurs peuvent facilement être exploités » par la pêche.

Dans le cas de l’Europe, une des principales menaces pesant sur ces animaux est « le manque de cours d’eau libres », avec une présence très importante de barrages ou d’autres types de barrière, souligne le rapport, qui parle de 1,2 million d’obstacles à travers le continent. L’Union européenne, dans sa stratégie pour la biodiversité à horizon 2030, vise toutefois « la restauration d’au moins 25.000 kilomètres de rivières à écoulement libre ».