Ile-de-France : Des véhicules et des bâtiments de la Poste équipés de capteurs pour mesurer la pollution

POLLUTION La région Ile-de-France déploie actuellement 600 capteurs fixes et mobiles pour mesurer la pollution de l’air, avec en parallèle une « enquête de perception »

R.L.

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Un bureau de la poste (illustration)
Un bureau de la poste (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Ces capteurs sont déployés progressivement depuis le 25 juin, pour une durée d’un an.
  • Avec des capteurs fixes et mobiles, « on va avoir ainsi heure par heure et sur tous les axes, le niveau de polluants », Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région, en charge de l’opération.
  • En parallèle de ces mesures, des postiers vont recueillir le ressenti des Franciliens sur l’air qu’ils respirent.

C’est une expérimentation qui se veut « inédite ». La région Ile-de-France, en partenariat avec Airparif, a commencé à déployer des capteurs sur des véhicules et des bâtiments de la Poste à Paris et dans sa périphérie pour mesurer la pollution francilienne. Un dispositif qui s’inscrit dans le plan « Changeons d’air en Île‐de‐France », adopté en juin 2016. Objectif : « Mieux comprendre cette pollution, et en éradiquer les racines ».

Le 16 mars dernier, après une procédure d’appel d’offres à laquelle sept consortiums ont concouru, le groupement porté par la société Geoptis – filiale du groupe La Poste – est désigné lauréat du projet par Airparif. L’entreprise est donc désormais en charge du déploiement de 600 micro-capteurs fixes et mobiles, à l’échelle du territoire régional, et de la mise en œuvre d’actions de sensibilisation auprès des Franciliens pour déterminer leur perception sur la question de la qualité de l’air. Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région, en charge de l’opération, se félicite de ces nouveaux outils de « mesures, de connaissance et perception ». « C’est une expérimentation à grande échelle », dit-il.

Un capteur sur un véhicule de la Poste.
Un capteur sur un véhicule de la Poste. - Geoptis

« Une véritable cartographie en temps réel »

« C’est un moyen d’avoir une connaissance en temps réel de la pollution de l’air en Ile-de-France grâce à 100 capteurs fixes sur les bâtiments de la poste et 500 mobiles déployés sur les véhicules qui tournent quasi quotidiennement », détaille-t-il auprès de 20 Minutes. Plus précisément sur les véhicules des facteurs, les vélos des coursiers Stuart, ainsi que des utilitaires et poids lourds. Et de préciser : « On va avoir ainsi heure par heure et sur tous les axes, le niveau de polluants. Nous allons chercher les particules fines, l’oxyde d’azote et l’ammoniac. C’est une véritable cartographie en temps réel ». Les données produites toutes les 10 secondes seront en effet traitées et analysées en vue d’être intégrées par Airparif à ses cartographies, en temps réel.

Ces capteurs sont déployés progressivement depuis le 25 juin, et ce pour une durée d’un an. « On aura un bilan à la fin de cette période pour voir si on reconduit. Mais nous sommes quand même sur l’idée de vouloir travailler sur la durée », commente le vice-président de la région.

« Recueillir le ressenti des Franciliens »

En parallèle de ces mesures, des facteurs vont recueillir le ressenti des Franciliens sur l’air qu’ils respirent, à travers un questionnaire co-conçu par Airparif et la Région Île-de-France auprès de 2.500 personnes. Le but est de croiser ces résultats basés sur le ressenti aux données objectives issues des relevés dans le trafic. « Ça permet d’avoir une objectivation des données », indique Jean-Philippe Dugoin-Clément.

Par ailleurs, dans cette « même volonté d’associer les Franciliens à cette vaste opération », un troisième volet consistera en la formation de citoyens au signalement d’anomalies ayant un impact sur l’air et leur environnement, comme les odeurs ou encore les gênes respiratoires via une application. Trois mille personnes devraient intégrer ce panel. Coût total de l’opération : 1,5 million.